Communiqué de la Gorsedd de Bretagne au Figaro : la presse qui n’en parle pas

26/08/2026
Communiqué de la Gorsedd de Bretagne

Le Figaro du mercredi 26 août publie un article traitant de la Gorsedd Digor des 19 et 20 juillet 2026 à Lesneven dans le Finistère. Nous avons, en effet, reçu l’auteure de l’article, Mme Caroline Beyer, pendant cet événement.

S’il ne nous revient pas par principe en démocratie d’entraver la liberté d’expression des journalistes, il nous appartient par contre, à lire ce papier, de rectifier des propos tronqués, sortis de leur contexte et de façon plus générale le droit de jauger le ton de cet écrit empreint d’une vision parisienne condescendante, voire sarcastique envers ce que peuvent vivre la grande majorité des habitants de ce pays dans ce qu’une certaine France prétentieuse nomme la province.

En effet, chose que nous ignorions, cet article vient s’insérer dans une série nommée Périple dans la France des croyances et légendes qui est décrite ainsi :

Partout dans nos régions, des croyances et des légendes ont façonné, pendant des siècles, l’imaginaire collectif. Au temps de l’IA et des percées scientifiques qui éclairent pourtant les obscurantismes passés, elles persistent dans la vie des campagnes, peuplées de rebouteux, de druides, d’animaux extraordinaires, de fantômes et de prophètes de la fin du monde. Voyages dans cette France qui entretient ses mystères.

Il s’agit donc, pour le Figaro, de faire œuvre utile contre l’« obscurantisme » et sur « un sujet qui, vu de Paris, est une parfaite incongruité et renvoie à Panoramix et à sa potion magique. » Le ton est donné !

Qu’importe que, lors de nos échanges avec la journaliste, nous ayons expliqué la raison de l’élaboration d’une Charte éthique des Druides, signée par plus de 20 groupes de France, qui s’adresse au grand public, justement pour lutter contre les dérives sectaires, cela ne figure pas dans l’article mais nous voilà gentiment ramené à un essentialisme fondé sur une bande dessinée ! L’explication sur le gui est bien sûr tronquée et laisse entendre que nous nous en servirions toujours car elle oublie de préciser qu’il a été dit à Mme Caroline Beyer que l’usage médicinal du gui contre l’hypertension est réservé à l’industrie pharmaceutique et que, pour les Anciens, la plante semblait tout guérir car elle luttait contre les différents symptômes et effets de l’hypertension.


Le lien entre le druidisme et la religion est tout simplement caricaturé. Encore une fois on oublie de préciser qu’il s’agit de la position traditionnelle de la Gorsedd et que le druidisme en question est ce mouvement aux 3 lignées, né au 18ème siècle ayant certes une référence liée à l’antiquité mais qui fut fondé par un libre-penseur, un mutualiste et un nationaliste gallois admirateur de la Révolution française, pas précisément des prophètes religieux !

Il faut attendre 1936 pour que la Kredenn Geltiek choisisse de faire du druidisme une religion, le confondant avec la religion des Celtes, position qui d’ailleurs n’était pas partagée par la Gorsedd mais tout de même respectée. On appréciera au passage ce qui, pour une certaine druidesse, devrait fonder une religion : « porter des robes de trois couleurs et organiser huit cérémonies par an ». Il est vrai qu’une fois de plus nous avons droit au récit de la frustration de cette pittoresque personnalité, celle d’un curé manqué, récit doublé de celui de l’insatisfaction d’une bonne sœur avortée.

Devons-nous voir dans l’apparition inattendue de cette druidesse, absente de la Gorsedd Digor et absente tout court de la Gorsedd pendant trente ans, comme une commune nostalgie avec l’auteure pour la religion catholique ? Le texte est émaillé de mots révélateurs « paganisme » (mon Dieu !), « autel », « procession près de l’église Saint Michel de Lesneven » (on en donne même le nom de ce grand chasseur de païens), « un rituel qui rappelle la religion catholique », « près du couvent des Ursulines », « excommuniée » etc…

Enfin en quoi était-ce nécessaire de mentionner la vie personnelle du Grand Druide en instance de divorce, donc non bigame à ce jour puisque séparé ? Ah oui, c’est vrai, chez les Catholiques, les divorcés n’auraient pas le droit aux sacrements. Rassurons les mais ça va encore les horrifier : le Grand Druide n’est jamais passé devant Monsieur Le Curé, alors, autant dire qu’il n’en a cure !

Plouhinec 26/08/2026

Nous ajouterons pour notre part, que l’exécration éprouvée par la Gorsedd est légitime, eu égard aux publiquement "gentils dingues" qui la reprennent et l’attaquent sans cesse. Elle se positionne comme une société philanthropique et socioculturelle de tradition celtique, dont le celtisme est évident, de ce qu’elle parle "un patois britto-gaulois advenu dans la modernité" depuis l’implantation des Anciens Clans de Galles et Cournouailles en Armorique romaine, d’où le gaulois n’était pas éteint, avec logiquement des échanges lexicaux latins depuis.


Quant au débat spiritualité/religion, manifestement le Figaro n’accorde ni l’une ni l’autre au Druidisme, potentiellement pour sa part de lecteurs catho-tradis voire réacs, les autres baignant comme de vaste francité, dans un laïcisme antireligieux assimilant tout croire aux superstitions - nous défendons la laïcité pourtant.

Nous remarquerons certes que la Gorsedd, ritualisant, a une religiosité à sa manière, même si le rejet de la notion religieuse est acceptable avec ce que les monothéistes en font souvent - jusque, peut-être, le dénigrement stratégique dans le Figaro.

Nous ne savons pas ce que serait, quant à nous, une "spiritualité informe", et toute forme est une piété/religiosité. Enfin ce ne sont que des mots.

Segodanios

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Source

Trois jours plus tard, le 30/08/2026

Remerciements et mise au point

Je voudrais remercier, au nom de la Gorsedd, tous ceux qui nous ont apporté leur soutien, par mails, publications et commentaires ou par appels téléphoniques. Il s'agit d'ami(e)s soit du mouvement druidique ou tout simplement de gens choqués par un article du Figaro qui ne grandit pas le prestige de ce quotidien de niveau national.

Je suis heureux également que des Druides avec qui nous pouvons avoir des différents, aient vite compris que cet écrit, au-delà de la Gorsedd, visait à dénigrer l'ensemble du mouvement druidique en Bretagne et en France. C'est au moins un point positif au-delà de nos clivages.

En mon nom personnel, je ne peux évidemment pas admettre l'exposition de ma vie privée dans cet article public. On voit quelle en est la source. Cela n'honore pas Mona Braz qui a déjà essayé d'utiliser cet élément pour clairement prendre la tête de la Gorsedd en entreprenant nos membres à part, afin de les monter contre le Grand Druide.

Utiliser la vie privée pour arriver à des fins personnelles, c'est d'une indignité et d'une bassesse insigne ! Le faire, une fois de plus, pour une soi-disant militante de "gauche" sur le ton de la confidence goguenarde à l'oreille d'un quotidien de droite bien pensante, c'est carrément du vomi de caniveau ! Cette "pimpante septuagénaire" nous serine une fois de plus qu'elle n'a pas pu être curé mais elle se rattrape en introduisant l'Inquisition et l'Ordre Moral dans son druidisme à elle.

Nous apprenons qu'elle serait toujours militante de l'UDB ? Bravo ! après avoir trahi son parti contre des orientations de Congrès pour assurer sa gamelle ! Ce n'est certes pas notre problème mais si c'est vrai et si l'éthique de ce parti se limite au pardon chrétien, on est en droit de s'interroger sur sa cohérence politique ! [Rectificatif ultérieur. Mona Braz n'est plus à l'UDB, dont acte. Nous remercions la porte-parole de ce parti de nous l'avoir précisé. Il s'agit d'une énième bourde de la journaliste.]

Autre élément sidérant : Madame Mona Braz a elle-même divorcé, c'est donc "faites ce que je dis pas ce que je fais" ? Dernière précision la concernant, elle n'a pas été "excommuniée" mais radiée à la suite d'un avis unanime du Poellgor composé autant d'hommes que de femmes.

Enfin je me fais l'écho de l'écœurement de tous nos membres et en particulier de ceux qui ont répondu en confiance à Mme Caroline Beyer qui nous a suivis pendant deux jours et mangé à notre table. Soyons directs : c'est méprisable une telle trahison, attitude peut être courante à Paris mais pas ici en Bretagne. Nous publions dans ce post le texte du mail de la journaliste reçu avant la Gorsedd Digor [ci-dessus]. Chacun pourra apprécier la faille insondable entre ce qui fut demandé et ce qui fut produit, donc la preuve de la tromperie préméditée.

Bon ! avec l'été qui s'étire et l'automne qui s'annonce, il est temps de passer à autre chose et de nous concentrer sur ce qui nous rassemble : le Druidisme. Prenez-tous soin de vous !.

/I\
Morgan D:M:B

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