Journal de bord en vue de l’Equinoxe printanier, avec Ostara, le Sigrblót, la Saint Patrick, et même Pâques

03/03/2026

Cette année, l'Equinoxe printanier aura lieu – au plan astronomique – le 20 mars, 20h. Puisse-t-il vous être d'une intelligente révélation pugnace : c'est tout mon vœu, à condition que vous le méritiez. Qu'en est-il de toutes ces fêtes alentour ? Réflexion.

Article initialement publié sous NMP

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Les milieux néopagz ont toujours l'air de militer, à cette occasion, pour célébrer une fête singulière nommée Ostara. De quoi s'agit-il ? Ce n'est pas difficile : *Ostara est – en ancien dane*, reconstitué au XIXe siècle du Crucifié, par Jacob Grimm – le nom d'une Déesse associée à l'Aube et au Printemps. Ce qui, symboliquement, est cohérent, puisque le Printemps est comme l'Aube des saisons, après la Nuit hivernale.

Léger problème « un peu prise de tête » pour les sapiophobes (ceux qui s'effraient devant la connaissance)... léger problème, disais-je : Ostara n'est anciennement mentionnée, que sous la forme d'Eostre, au VIIe siècle du Crucifié, par le moine anglo-saxon Bède le Vénérable. C'est-à-dire que – si j'étais danisant* – je préférerais honorer des Divinités clairement attestées plutôt qu'une Déesse douteuse – *Ostara/Eostre.

Et, ce, d'autant plus que la fête d'Ostara a été conçue par des druides contemporains du Druid Order – début XXe siècle du Crucifié – desquels provint Gerald Gardner, fondateur de la wicca, aujourd'hui grande promotrice d'une « roue de l'année » trop mêlée d'influences pour être bonne (encore que la wicca soit « juste » du moment qu'elle s'assume pour syncrétisme contemporain, ce que ses ressortissants ignorent voire refusent souvent, réclamant une ancestralité confondant Danes* et Celtes**). Ce qu'ils ont fait, à l'époque, c'est ce qu'ils purent, eu égard à leur culture et l'état des recherches.

Dans le monde anglo-saxon toujours, il n'en reste pas moins que la Pâques se nomme Easter sur la base d'Eostre : c'est donc bien que, dans ce monde, quelque chose évoquait bien l'Aube/le Printemps dans les parages de cette période de l'année – pas nécessairement l'Equinoxe, – qui incita les chrétiens tardo-antiques/alto-féodaux à préférer celle-ci à celle-là. Le nom d'une lunaison ancienne, mois de l'Aube/du Printemps ! Tout est chez Bède.

Au reste, la Pâques chrétienne (avec un S) subvertit la Pâque (sans S) juive : de la légendaire sortie d'Egypte par les Hébreux à la légendaire sortie du Tombeau par le Christ : on est bien sur un Renouveau, n'est-ce pas ? Quelque chose comme Eostre fut subverti par les chrétiens anglo-saxons. De quoi s'agit-il ?

Ce n'est pas difficile : il s'agissait plus probablement du Sigrblót, remis au goût du jour par certains danisants* entre les néopagz. Sigrblót signifie sacrifice de la victoire, moment dédié au Dieu Óðinn. Victoire guerrière (une Déesse aussi, Freya, accueille des guerriers dans sa halle du Folkvangr) des forces spirituelles de la régénération contre l'hiver, c'est probable, où l'hiver correspondrait cycliquement au Ragnarök – crépuscule des Dieux – tandis que le printemps correspondrait à Idavöll – nouveau monde printanier. Le Dieu Þórr est donc aussi mobilisable, et surtout les Dieux survivants aux- ou résurgents après- le Ragnarök, tels que Víðarr et Baldr. Le retable d'Issenheim au musée Unterlinden de Colmar ne dit pas non à une subversion d'Óðinn, ach !


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Or, les Anciens Danes* procédaient d'un calendrier lunaire spécifique. Le Sigrblót avait lieu deux lunaisons après le Jólablót – plus connu sous le nom de Yule – qui doit être fêté à la première pleine lune, suivant la première nouvelle lune (« lune noire »), après le solstice d'hiver (Nuit des Mères). Par le jeu des croisements calendaires danes* et celtes, cette année 2026 du Crucifié, le dane* Jólablót/Yule eut lieu au 1er février, vers le celte Imbolc (qui ne fut fixé au 1er février que par les chrétiens celtes, durant le Moyen-Âge). Ainsi, cette année, le dane* Sigrblót est à célébrer le 1er avril – ce n'est un poisson que pour les chrétiens. Non mais, c'est vraiment par le jeu des croisements calendaires, que tout cela s'agence. C'est-à-dire par le jeu astronomique des Cieux – d'autant plus, que les Celtes commençaient leurs lunaisons au premier quartier de lune croissante, non à la pleine lune !

De quoi devenir sapiophobe (s'effrayer des connaissances) n'est-ce pas ? … Car tous ces fils n'ont rien à voir les uns avec les autres, et nous sommes bien obligés de nous les coltiner, à cause, nodalement, du wiccanisme commun des milieux néopagz. Les wiccans y sont rois, car ils ont avec eux même les sapiophobes satisfaits par la simplicité : « pourquoi interroger les Anciens, quand il suffit d'être Moderne ? » …

Peut-être parce qu'on a rien sans rien, selon le bon sens ? mais chut ! n'allez pas trop les encombrer d'un tel sens, qui nécessite des connaissances ! ce serait vexant, et vous seriez condamnables selon leurs angoisses, justement maquillées en vexation. You'd be so offensive... why so offending ? – C'est vrai, ça, tiens !... Pourquoi ? Il y a là à creuser...

Mais que vient faire la Saint Patrick dans tout ce chantier, à la fin ? Ce n'est pas difficile : saint Patrick, évangélisateur de l'Irlande celte, est honoré le 17 mars. C'est tout à fait proche de l'Equinoxe printanier et de Pâques, c'est-à-dire d'Ostara ou plutôt du Sigrblót.

Comme on l'a compris, la Saint Patrick n'a rien à voir avec les Danes*, puisque le dane* Sigrblót a peu à voir avec le celte Imbolc (plus tôt) comme peu à voir avec le celte Beltain (plus tard) – un article viendra à son sujet, que je placerai en commentaires. Enfin nul doute, que les danisants* ne cracheront pas sur une bonne bière à l'occasion de la Saint Patrick, qu'ils vous photographieront dans la corne à boire qu'ils auront commandée sur Amazon (quand on vous dit qu'on y trouve tout !) à se divulguer sur les réseaux sociaux en même temps que leurs tatouages plus ou moins anachroniques.

Le saint Patrick en question, était un Celte britto-romain christianisé, au IVe siècle du Crucifié. Dans une époque trouble, tourmentée par les incursions danes* des Jutes, des Angles et des Saxons, les Celtes faisaient ce qu'ils pouvaient pour survivre contre l'envahisseur. Tout ? Non, puisque le petit village probablement gallois du jeune futur saint Patrick, fut piraté tandis que d'aucuns s'exilaient en Petite Bretagne sur ordre de l'empereur... piraté par des Celtes d'Irlande ! à moins que ce ne fussent des Danes* colonisant l'Irlande.

Et là, c'est le mélodrame : arraché aux siens, exploité comme esclave auprès des troupeaux, ses années de bons et loyaux services le persuadent à fond de christianisme. C'est qu'à l'époque, le christianisme se répandait parmi les esclaves, avec son Grand Dépit ; il allait nécessairement nourrir d'espoirs les dépités ! comme il avait légendairement nourri d'espoirs les Hébreux et le Crucifié à Pâque/s... Il faut dire : ses désirs sont des ordres...

Mais saint Patrick a néanmoins une dimension druidique : il fallait bien persuader les Celtes de christianisme, en subvertissant le druidisme par lui-même ! C'est évident, avec son duel magique l'opposant au grand druide du roi irlandais Loegaire : ce druide invoque des phénomènes cosmologiques gênants (obscurité, neige...), Patrick lui demande s'il peut les annuler dans l'instant ; le druide répond qu'il ne peut pas dans l'instant, mais dans trois jours ; Patrick défait les phénomènes, et persuade des Irlandais de christianisme. Personne ne songe à demander à Patrick d'abuser de ses pouvoirs, mais Patrick peut faire pression sur le druide...

Car Patrick, après son affranchissement de l'esclavage, n'est retourné en Galles qu'un moment auprès des siens. Il a préféré se former, durant des décennies, en Letha (ancien celtique Letavia) c'est-à-dire sur le continent : visant d'abord Rome, il rencontre saint Germanicus en Gaules (l'époque du IVe siècle du Crucifié, gallo-romaine, était mélangée de Danes* continentaux, notoirement Francs mercenaires romains, et en bonne voie de christianisation). C'est donc auprès de saint Germanicus, que Patrick se forme, à la manière druidique inversée – c'est-à-dire non vers le Nord, mais vers le Sud.

Quand il revient en Irlande, c'est pour faire de l'intimidation auprès des Cinq Royaumes, à balancer des interdits magiques à tire-larigot – gessa, en gaélique (sing. geis). Gessa « évidemment » au service du christianisme ; évidemment, évidemment, évidemment... Enfin toujours est-il que les monastères et les églises poussent sur son passage, peuplés d'Irlandais convertis. C'est ainsi que les feux sacrilèges qu'il allume dans la nuit de Samain colonisent spirituellement le pays, au profit « du feu de l'esprit saint » (Luc 3:16) condamnant tout et son contraire dans l'Ancien Monde, et surtout ce qui n'est pas chrétien : « qui n'est pas avec moi est contre moi » (Matthieu 12:30). Puisqu'on vous serine que c'est une religion d'amour ! Pas du tout xénophobe depuis les origines...

Tout le monde jubila manifestement à l'Aube/au Printemps monothéiste... qui ne réchauffe qu'au prisme de vitraux concurrençant le Soleil, dans la pénombre froide & fétide d'églises architecturées vers l'Est... Pardon, je voulais dire vers *Ostara. (Reprenez depuis le début.)

Enfin, puisqu'on a parlé des Celtes, Equinoxe printanier peut se dire *Atecuolation Vesronon en gaulois restitué. Les néodruides galloisants préfèrent dire Alban Eilir, Lumière du Printemps sur la base Alban proposée par Iolo Morganwg – qui n'était pas le faussaire qu'on l'a fait. Disons qu'on retrouve des tribanns, en Italie, sur les solstices et équinoxes, et que c'est déjà ça.

Segodanios

 

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* Dane(s), danisant(s) : Germano-Scandianve(s), nordisant(s).

** La frontière entre Danes* et Celtes court du Rhin au Danube, avant les Romains, Illyriens, Baltes, Slaves, Thraces, Daces, Hellènes et Scythes... les Celtes ont aussi, au Sud de la Garonne au moins, les Ibères.

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