Dimdach ! Les druides anticharteux, voire pas qu’anticharteux, mais aussi les celtisants et plus généralement les néopagz, et pour ainsi dire notre époque (post)monothéiste

Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste luttant contre le ressentiment :
"Nous réussissons de moins en moins à sublimer le ressentiment."
Je lisais le Cortège du Graal de Valéry Raydon hier soir, je ne sais plus, je dois être à la page 140 par là, au tiers du livre. C'est difficile d'évoluer dans cette édition format smili-A5, au texte très dense, même si on finit par s'y faire en fin de comptes. Je suppose qu'une autre édition, plus petite, produirait un format extrêmement lourd et/ou épais : donc l'un dans l'autre, cette édition est aussi bien.
Je ne vais pas faire mon dimdach face à ce chaudron d'érudition ! Car cette pièce porcine, non contente d'être porcine, est du meilleur ragoût ! Les amateurs comprendront le compliment.
Mais j'ai dit "faire mon quoi" ? "Faire mon dimdach !" Du gaélique traduit en latin par ingratus, ingrat mais désignant plus généralement l'immérité et l'insatisfait. C'est très subtil. Selon le contexte, bien sûr, aussi...
Toujours est-il que le péri-nietzschéen en moi* ne peut pas s'empêcher d'apprécier la valeur du qualificatif. Dimdach ! Quel mot extraordinaire. Pour ainsi dire, il désigne le ressentiment. Et dans quelle époque vivons-nous qui, parmi les personnes qui se disent "spirituelles", ne jurent que par les "ressentis"... !Vous me direz : les ressentis ne sont pas exactement les ressentiments. Les ressentis, c'est des feelings, quoi. Les ressentiments... ce sont de mauvais feelings, des haines, des envies, des perfidies, des "seum". Mais bon, ça commence toujours par des ressentis, et peut-être qu'il vaut mieux se fier à nos sentiments qu'à nos ressentis. Car les sentiments impliquent nos valeurs ; les ressentis impliquent déjà des empiètements, qui conduisent aux ressentiments. Comprenne qui peut !
Bref. J'apprécie le qualificatif de dimdach. Pour moi, il est assez évident que la "dimdacheacht" (la "dimdachité" en "bon" gaélique) domine beaucoup le milieu druidique.
Pour autant, et quand même Medb semble parfois une héroïne de la Morrigan, il n'en reste pas moins que l'existence de la "dimdacheacht" n'est pas spécialement valorisée. Elle est simplement actée, dans un grand et vaste Oui à la Vie, pour le meilleur et pour le pire, encore que les triades bardiques enjoignent au Da sur le Drwg : au Bon sur le Mauvais...
... bien que ce Da désigne, comme le Dagda, avant tout, les arts au sens large d'arts & métiers, savoirs, savoir-faire et savoir-vivre.
Quelque part, avec les affects dimdach comme drwg, tout est en ordre. "C'est OK." On vous aime, quand même...
- Segodanios
* Les gens se demandent toujours pourquoi je mobilise tant Nietzsche, après lui avoir refait le portrait ici : https://nocteaumervis.webnode.page/l/crepuscule-nietzsche-attention-neopaiens-etc/ ... Ce n'est pas difficile : Nietzsche, dans son proto-futurisme anti-fasciste**, déploie une psychologie digne de son génie, un peu décortiquée par l'universitaire Patrick Wotling, qui réactive d'antiques mœurs : "C'est un cœur dur, que Wotan a mis dans ma poitrine."

