Dis P/Ater ?

Cernunnos, sur le Chaudron de Gundesdrup
Ayant encore vu récemment une invocation à Dis Ater, il m'a semblé nécessaire de faire une mise au point par rapport à ce nom.
Encore un dégât collatéral de Monard, cautionné stupidement, comme à son habitude, par de prétendus zélateurs du reconstructionnisme...
L'origine de cette expression est dans César : « Galli se omnes ab Dito Patre prognatus praedicant idque ab druidibus proditum dicunt. » (« Tous les Gaulois se prétendent issus de Dis Pater, c'est disent-ils, une tradition des druides. »)
- La première stupidité a été de retranscrire le terme en se contentant de changer le mot « pater » par le mot celtique « ater »... et de garder le mot « dis »… qui est un mot latin !
- La deuxième stupidité a été de suivre la pseudo-traduction de Monard (sans doute sur une étymologie fallacieuse avec le mot irlandais « dith » = mort, destruction).
« Père de l'Anéantissement » ! Ce n'est absolument pas le sens du mot latin « richesse ».
Dis est un dieu latin très ancien, assimilé tardivement à Pluton, probablement à cause de la proximité phonétique avec le mot grec pour la richesse, « plouton ».
Il est, dans les quelques dédicaces que l'on connaît, parfois associé à Haerecura, qui est elle-même quelquefois associée à Cernunnos, lequel présente, dans des statues d'époque gallo-romaine, une sorte de corne d'abondance, de même que son alter-ego féminin.
Certains auteurs l'assimilent à Sucellos, lui-même assimilé par d'autres au Dagda irlandais.
Quoi qu'il en soit, il y a une chose qui doit être claire : en aucune façon, l'appellation « Dis Ater » ne doit figurer dans nos rituels ou nos invocations.
Belenogenos

