Dissonances chrono-cognitives

Chères Sœurs, Chers Frères, Chères Amies, Chers Amis,
À une époque où notre société revendique, à juste titre, toujours davantage de liberté individuelle et d'ouverture d'esprit, il est particulièrement consternant de voir certains médias se transformer soudainement en gardiens d'une morale digne de l'Angleterre puritaine.
Notre époque accepte et protège une immense diversité de parcours personnels, d'identités, de modèles familiaux, de relations et de façons de vivre. Et c'est heureux : la vie privée des adultes consentants leur appartient.
Alors comment peut-on, au XXIᵉ siècle, feindre l'indignation devant un divorce, une séparation ou les vicissitudes d'une vie sentimentale ?
Un divorce n'est ni un scandale, ni une faute morale, ni une information permettant à elle seule de juger la valeur d'un homme ou d'une femme.
Et le fait que la personne concernée soit le Grand Druide de Bretagne, mon frère Per Vari Kerloc'h, ne change rien à ce principe élémentaire.
Une fonction spirituelle, culturelle ou associative ne transforme pas celui qui l'exerce en propriété publique. Elle n'autorise personne à fouiller sa vie intime, à instrumentaliser ses difficultés personnelles ou à transformer des événements familiaux en procès moral.
Il est d'ailleurs singulier de voir une société qui se veut chaque jour plus tolérante redevenir soudainement puritaine lorsqu'il s'agit de certaines personnalités.
La liberté et la tolérance ne peuvent pas être à géométrie variable.
On ne peut pas réclamer le respect des choix individuels d'un côté et, de l'autre, ériger un divorce en scandale simplement parce qu'il concerne une personnalité connue.
Que ceux qui souhaitent donner des leçons commencent donc par appliquer un principe extrêmement simple : respecter la frontière entre ce qui relève légitimement de l'information et ce qui appartient à la vie privée.
Nous pouvons débattre des idées, des décisions, des responsabilités et des actes publics. C'est même nécessaire.
Mais les règlements de comptes sentimentaux, les séparations et l'intimité des personnes ne devraient pas devenir des armes médiatiques.
Que chacun se mêle donc de sa propre vie privée et laisse celle des autres à sa juste place : dans la sphère privée.
La liberté que nous revendiquons pour nous-mêmes doit aussi être celle que nous sommes capables d'accorder aux autres. Encore tout mon soutien à toi, mon Frère. Honte à ceux qui s'abaissent à de telles bassesses.
Quant au Canard enchaîné, qu'il réserve plutôt ses procès moraux à ceux qui frappent, humilient ou maltraitent leur épouse. À les lire, faudrait-il donc préférer un mariage malheureux, destructeur, voire maltraitant, à un divorce permettant à chacun de retrouver sa liberté, sa dignité et le chemin du bonheur ?
/I\
Gwengarv (Uindocaruos)

