La liberté contre la vérité

J'ai déjà écrit sur la liberté, traitée avec l'authenticité car les néopagz qui s'en réclament, comme tous les Modernes, les croient liées et nécessaires, quand même d'aucuns sont des roublards.
Enfin ce sont des Modernes ; des Vents, des Vains, des Riens...
Sinon qu'ils ont raison, dans leur impuissance existentielle, de s'y rattacher.
Que leur resterait-il ? Pourquoi leur ôter cela ?
Personne n'a jamais voulu le leur ôter.
Quoiqu'ils s'avèrent d'une intolérance et d'une ingratitude crasses dès qu'ils délirent qu'on y touche, leur fantasme d'intouchabilité est la condition de toute la tolérance et de la gratitude dont ils sont à peine capables, quand ils veulent bien en démontrer.
La plupart du temps, ils sont pétris par de telles contradictions intimes, qu'ils ne sont guère capables que de s'évader dans de vagues sentiments supposés poétiques.
Là encore, tous leurs espoirs sont concentrés ! ⸺ qui voudrait toucher à leur fragilité ? à leur fébrilité ? à leur sentimentalité ? à ... leur sensiblerie ?
Au contraire, quiconque se risquerait à l'effleurer, s'exposerait à toutes les surréactions possibles et imaginables !
Pas touche à « leur » vérité, qui certes n'est une vérité que pour eux ! et pour tous leurs petits zamis, qui se reconnaissent dans une telle sensiblerie : comme la devise de l'Union Européenne, « Unis dans la Diversité » ! ⸺ c'est là toute leur « liberté-authenticité » de Modernes.
Leurs vagues sentiments supposés poétiques, après tout, sont leur créativité, et elle leur sert d'intellectualité : ils ont raison !
Je leur donne raison !
Comme disait René Descartes, en introduction de son Discours de la méthode : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup d'avantage, s'ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s'en éloignent. »
Descartes témoigne ici d'un celtisme involontaire :
« Ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. »
La différence entre cette bonté et cette minutie est cruciale !
Quand les Anciens Celtes disaient Dagos Deuos/Dagodeuos/Daiios... Dagda... le Bon Dieu... ce n'est pas à la première qu'ils faisaient référence ! encore qu'il passe pour débonnaire, le bonhomme !
Mais il n'a pas de sens de la révolte, contrairement à Lugus... Lugh... l'Assermenteur.
Lugh veut qu'une bonne assermentation royale ait lieu, contre la spoliation fomoire !
Or c'est Nodens... Nuada... le Captateur... qui cède son trône à Lugh, à lui confier Fragarach, l'épée de vérité ⸺ de discernement.
La révolte seule, le sens de la révolte, aveugle, ne sont rien sans la vérité !
La « liberté-authenticité » n'est rien sans la vérité !
Mais la vérité, discernée grâce à Nuada, dépend du Dagda, Dieu-Druide.
Pour accéder à la vérité, il ne faut pas se révolter contre les réalités : il faut les connaître.
Où, comme disait Descartes : « Il n'est pas vraisemblable que tous se trompent ; [...] la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. »
Voilà pourquoi je n'ai rien contre la « liberté-authenticité » des Modernes :
En tant que telle, elle doit néanmoins admettre avoir opté pour la non-vérité, car son sens de la révolte n'est tempéré par aucun discernement sur les réalités, conduisant à quelques vérités.
La vérité sera toujours plurale, en effet !
Car par diverses voies et considérations de choses différentes, ce que les uns nomment « vérités » ne se situera jamais dans le même ordre que ce que les autres nomment eux-mêmes « vérités ».
Et pourtant, sans méthode, ils sont sujets à la fausseté.
De cela, Descartes nous garantit, avec la sagesse d'un Dagda.
Ou un autre philosophe que Descartes : car Descartes lui-même, n'a pas envisagé toutes les vérités...
Toujours est-il que l'on puisse dire avec certitude, que les Modernes jouent la liberté contre la vérité, c'est-à-dire « leur » vérité contre les vérités.
En quoi, leur subjectivisme est plus dogmatique que tous les holà méthodiques qu'on pourra jamais ⸺ même pas leur imposer, mais ne serait ce que ⸺ leur suggérer...
... quoi qu'ils prennent, dans leurs révoltes aveugles, la moindre suggestion pour une imposition !
Ainsi des réactances devant la Charte des Druides, et pas que de ces réactances !
Le problème est répandu...
... encore que l'actualité ardue tende à amuïr le phénomène, en obligeant chacun à s'y affronter.
Au moins ça.
Segodanios

