Le miroir des illusions

Dans une clairière, le jeune Arthur scrolle sur une tablette enchantée, tandis que Merlin contemple le paysage, grimoire tenu en main contre sa cuisse.
Arthur
Merlin… pourquoi tout le monde a l'air si puissant, si sérieux, si supérieur dans ce miroir magique ?
Merlin (ajustant son chapeau bleu étoilé)
Parce que, mon garçon, les réseaux sociaux sont comme un lac enchanté : on y voit le reflet que l'on veut montrer… pas toujours la vérité du fond.
Arthur (fronçant les sourcils)
Mais regarde ! Ce "pape des Orthofolix" a l'air froid, austère, sûr de lui… On dirait qu'il détient la vérité absolue.
Merlin (éclatant de rire)
L'apparence, Arthur, est le plus ancien des sortilèges. Il est facile de paraître sévère. Il est plus difficile d'être juste. Il est facile d'être hautain. Il est plus difficile d'être humble.
(Il s'assied sur une souche.)
Rappelle-toi : nous combattons les idées qui enferment, pas les personnes qui s'y perdent. Derrière l'armure du sérieux se cache parfois un homme inquiet. Derrière la froideur, souvent une fragilité. Derrière la posture de supériorité… une grande insécurité.
Arthur (réfléchissant)
Alors le pouvoir qu'ils montrent ?
Merlin (levant son bâton)
Illusion, mon garçon. Autrefois, les druides avaient reconnaissance, influence, parfois même des armées derrière les rois. Aujourd'hui ? Ce ne sont que des avatars et des likes. Le pouvoir affiché n'est qu'un théâtre d'ombres.
(Il trace un cercle dans la terre.)
La vraie force d'un druide n'est pas dans l'image. Elle est dans la cohérence. Dans le savoir transmis. Dans l'humilité retrouvée.
Arthur (souriant)
Donc on dénonce la bêtise… mais sans haïr les gens ?
Merlin
Exactement. On combat le fond, jamais l'homme. Car attaquer la personne, c'est devenir ce que l'on critique. Dénoncer l'absurdité, c'est éclairer. Humilier, c'est obscurcir.
(Avec malice)
Et rappelle-toi : celui qui crie le plus fort qu'il est le chef… est souvent celui qui doute le plus de l'être.
Arthur (éclatant de rire)
Alors que faisons-nous ?
Merlin (regardant le ciel)
Nous continuons. Avec travail, silence, transmission. L'humilité revient toujours. Les illusions, elles, se dissipent.
(Dans un murmure)
Le vrai pouvoir n'est pas d'être craint… mais d'être respecté sans l'exiger.
Arthur (hochant la tête)
Merlin… est-ce que je peux quand même liker la publication ?
Merlin (soupirant)
Seulement si tu as lu le fond, Arthur. Toujours le fond.

