Le Temps des Dieux

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Lorsque les Dieux vivaient sous la voûte du monde,
La forêt murmurait leur antique parole ;
Le vent portait au loin leur sagesse profonde,
Et l'homme écoutait l'âme invisible des pôles.
Les sources révélaient leurs mystères sacrés,
Les pierres gardaient l'écho des antiques promesses ;
Chaque arbre était un temple aux feuillages sacrés,
Où le ciel déposait la lumière et l'adresse.
La mer battait le temps des mythes éternels,
Et l'aube allumait l'or des autels de la terre ;
Les hommes avançaient, humbles et fraternels,
Sous le regard discret des puissances austères.
Mais le siècle passa comme passe une brume,
Les voix se sont tues dans le bruit des cités ;
L'homme oublia peu à peu la flamme qui l'allume,
Et les Dieux se voilèrent dans l'ombre des étés.
Pourtant, dans le silence où respire la lande,
Sous la mousse des bois et la nuit des menhirs,
Une braise demeure, invisible et plus grande,
Qui veille en nos esprits comme un ancien désir.
Car le temps des Dieux dort au cœur de la terre,
Il n'est point aboli, mais caché dans nos pas ;
Et celui qui écoute au-delà du tonnerre
Entendra leur appel que le monde n'a pas.
Alors se lèvera l'ancienne souvenance :
Le chêne parlera dans la clarté du jour ;
Et l'homme apprendra, dans sa lente renaissance,
Que les Dieux n'ont quitté que l'oubli de l'amour.
/I\
Gwengarv (Uindocaruos)

