Les Théoriciens dédruidiques (sic) 2

30/05/2026

Source France Inter, et plus précisément la Terre au carré

Après notre premier post, au sujet des "théoriciens dédruidiques" quant à Jean-Louis Brunaux...

... voici Jean-Paul Demoule, dont nous ne contesteront pas l'intelligence, pas plus que celle de Brunaux : nous autres, humains, à cause d'elle, sommes tous sujets aux apophénies ordinaires. Ce serait même le fonctionnement normal de notre cerveau. Mais bon, voilà :

"TUER LES PERES"

Dans cette vidéo au demeurant intéressante pour comprendre l'évolutionnisme socioculturel, Demoule — qui n'est pas le seul historien des Gaulois, il y a d'autres discours — ne parle finalement que de ce dont les élites se revendiquent ; ni des coutumes populaires ni de notre filiation. Car il n'y a pas eu de remplacement de la population selon les analyses génomiques, depuis +4000 ans. Donc les Gaulois sont bels et bien nos Ancêtres.

Le problématique, avec la IIIe République, c'est bien sûr l'usage idéologique des Gaulois supposés "unis" qui est fait, pour reconstituer la France post-révolutionnaire et républicaine - récit déjà judicieusement contesté par Brunaux d'ailleurs. Sauf qu'ici, le citoyen Jean-Paul Demoule en fait un usage contre-idéologique, rhétorique, fallacieux de même, d'autant plus qu'il rattache les Gaulois à l'idée de colonisation, alors que ça vient justement des Romains "dans le texte". C'est-à-dire que dans le contexte où Demoule renie l'ancestralité gauloise pour ses propres raisons idéologiques, ce rattachement colonial est pervers, là uniquement pour entériner une trajectoire culturelle vers la romanisation.

Certes les peuples évoluent, et le souvenir des Gaulois est précisément le souvenir de peuplades celtes, non seulement prédécesseures, mais bien Ancestrales, quand même les cultures évoluèrent au prisme de nos régions/pays de France, et que de nos jours la culture d'entreprise régnante pratique l'immigration de masses.

Reconnaître nos pères (quand ils le sont, bien sûr, on ne va pas forcer un immigré à dire, comme dans Tintin au Congo, "nos ancêtres les Gaulois" s'il n'a pas d'Ancêtre gaulois, encore qu'on puisse revendiquer des pères spirituels) c'est tout ce qu'il faut : les fils ne ressemblent pas nécessairement aux pères (ni les filles aux mères) que veux-tu ma pauvre Lucette ? Ce qu'il ne faut pas, par contre, c'est vouloir faire "la Terre au carré" n'importe comment.

C'est-à-dire que les véritables racistes et xénophobes sont plus rares qu'on ne pense. La plupart des gens sont avant tout ethnodifférentialistes sans pouvoir le dire ainsi. Ce serait même la condition anthropo-territorialisée éternelle, pour développer un bassin culturel et reconnaître des altérités. Le multiculturalisme brésilien ou états-unien a fait la preuve que les élites ne vivent pas dedans et que les populations s'y standardisent tout en y développant des communautarismes, ou du moins des identitarismes performatifs (revendiqués, stylistiques avant tout) avec une charge mentale énorme pour se ménager les uns les autres. Mais il est évident que, rassemblés dans les tranchées de la Première Guerres mondiale sous le même uniforme, l'objectif commun était la guerre (par exemple), encore qu'on ne nous dise pas tout des problèmes interculturels et racistes à la marge que cela a pu éventuellement susciter. De même, durant la Seconde Guerre.

La génétique territoriale française démontre une continuité quadrimillénaire homogène (homogène, pas hermétique - mais homogène quand même). On confond souvent diversité génétique et diversité culturelle. Les deux ne se superposent qu'au moment de la migration d'un groupe, véhiculant sa culture. Ensuite, il faut se pencher sur le diffusionnisme avant tout (dont la migration est une agente, mais aussi tout simplement le mimétisme progressif de groupe en groupe - au hasard : la christianisation)... et sur l'évolutionnisme socioculturel (mutations endogènes - au hasard : le druidisme contemporain).

Se pencher aussi sur Serafin Fanjul et commentaires .
Et même sur le Canon français en pays basque et commentaires, là-bas.

Segodanios

Share