Ô femme

La journée de la femme ne devrait pas exister, car la femme devrait être honorée et soutenue chaque jour : vous, femmes, mères, sœurs, qui portez la vie et l'espérance.
Ô femme, noble flamme au cœur de l'univers,
Source où l'âme s'apaise et d'où naissent les vers ;
Ton regard est l'aurore aux clartés souveraines,
Et ton pas fait fleurir les chemins et les plaines.
Depuis l'aube des temps où l'homme, encor sauvage,
Marchait dans la forêt avec l'ombre pour cage,
Trop souvent il oublia ta force et ta vertu,
Et pesa sur ton cœur d'un orgueil mal vécu.
Pardonne à ces anciens, aux hommes des ténèbres,
Dont l'esprit s'égarait sous des cieux trop funèbres ;
Ils ignoraient encor la lumière et la loi
Qui fait de l'homme un frère et d'une femme un roi.
Car l'avenir s'écrit dans l'union des âmes,
Et nul monde ne vit sans l'éclat de tes flammes ;
Tu portes dans tes mains le berceau des humains,
Et l'espoir du soleil qui luit dans nos destins.
Ainsi que ce jour vienne honorer ta lumière,
Toi qui fais de la nuit une douce clairière ;
Car l'homme apprend enfin, par l'épreuve et le temps,
Que la femme est la force et le cœur du présent.
Car l'homme, en ses combats, en ses fureurs premières,
Brisa plus d'un printemps sous ses lois coutumières ;
Mais le temps, lent juge aux regards patients,
Éclaire les erreurs des siècles défiants.
Il voit, dans la clarté qui succède à l'orage,
La femme se lever plus vaste que sa cage ;
Non pour vaincre l'homme ou dominer ses lois,
Mais pour marcher ensemble et partager la voie.
Alors l'homme s'incline au seuil de la mémoire,
Et reconnaît en toi la gardienne de l'histoire ;
Car tu portes le feu que nul vent ne détruit,
La douceur qui console et la force qui luit.
Ô femme, que ce jour, comme un chant qui s'élève,
Rappelle aux cœurs humains le sens de notre rêve :
Que l'homme et la femme, en un destin commun,
Bâtissent l'avenir de leurs deux nobles mains.
Et si l'homme jadis, aveuglé par la guerre,
Fit peser sur ton front l'ombre dure de fer,
Qu'il dépose aujourd'hui son orgueil à tes pieds,
Et demande pardon aux siècles oubliés.
/I\
Gwengarv (Uindocaruos)

