Quand les animaux parlaient aux hommes
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Chères Sœurs, Chers Frères, Chères Amies, Chers Amis,
Il est parfois nécessaire de s'éloigner du tumulte du monde pour retrouver le silence, la sérénité et cette paix intérieure dont chaque être humain a besoin.
La vie d'un Druide ne saurait se résumer à son seul sacerdoce, aussi important et profondément ancré soit-il dans son existence. Derrière le Druide, il y a avant tout un homme, avec sa vie personnelle, ses joies, ses peines, ses responsabilités, ses épreuves et ses aspirations.
Après trois années d'une vie sociale particulièrement intense, consacrées avec conviction, passion et parfois acharnement à la cause du druidisme, à son rayonnement, à la fraternité entre ses différentes traditions et à la défense de ses valeurs, j'ai ressenti le besoin de retrouver un peu de calme et de paix.
Non par désintérêt, encore moins par renoncement, mais simplement parce que l'engagement, aussi sincère soit-il, ne doit jamais nous faire oublier notre propre humanité.
Il arrive un moment où l'homme doit pouvoir exister en dehors de ses fonctions, de ses responsabilités et du regard des autres. Le silence n'est pas nécessairement une absence, et le retrait n'est pas un abandon. Parfois, il constitue simplement une autre manière de poursuivre son chemin, de se retrouver et de donner un sens renouvelé à ses engagements.
Je tiens à remercier très sincèrement toutes celles et tous ceux qui m'ont adressé des messages ces derniers temps. Certains étaient empreints d'une profonde bienveillance, d'autres témoignaient d'une inquiétude sincère face à mon silence. Tous m'ont touché.
Je n'ai malheureusement pas encore trouvé le temps ni la disponibilité de répondre à chacun, mais je tâcherai de le faire dans les prochains jours. Sachez néanmoins que vos attentions ne sont pas passées inaperçues et que je vous en suis profondément reconnaissant.
C'est également avec une grande joie que je souhaite vous annoncer la parution prochaine de mon nouvel ouvrage : « Quand les animaux parlaient aux hommes ».
D'Ésope dans l'Antiquité à Phèdre dans le monde romain, de Marie de France au Moyen Âge à Jean de La Fontaine au XVIIᵉ siècle, sans oublier Jean-Pierre Claris de Florian au XVIIIᵉ siècle, la fable a traversé les époques, les civilisations et les sensibilités littéraires, sans jamais perdre sa vocation première : instruire, faire réfléchir et transmettre une sagesse à travers le langage des animaux.
Passionné depuis longtemps par cet art littéraire, à la fois poétique, philosophique et profondément humain, je trouvai presque immédiatement l'inspiration, accompagnée d'une interrogation qui ne cessa de nourrir ma réflexion : pourquoi n'y aurait-il pas eu, à leur manière, des fables celtiques ?
Après tout, les peuples celtiques possédaient une tradition d'une richesse extraordinaire, dans laquelle les animaux occupaient une place essentielle, tant dans les récits mythologiques que dans les représentations symboliques et spirituelles du monde.
Si la fable, telle que nous la connaissons aujourd'hui, ne semble pas avoir constitué un genre littéraire explicitement identifié dans les traditions celtiques anciennes, pourquoi son esprit n'aurait-il pas pu s'exprimer à travers la parole des bardes, les récits populaires et les enseignements transmis de génération en génération ?
À mes yeux, la fable possède quelque chose de profondément bardique.
Elle donne une voix à la nature, fait des animaux les miroirs de l'humanité et transforme une histoire apparemment simple en une leçon de sagesse.
Dans la continuité des grands fabulistes qui ont traversé les siècles, cet ouvrage propose de renouer avec cet art singulier qui consiste à faire parler les animaux pour mieux interroger les comportements, les contradictions, les vertus et les travers des hommes.
Mais ce livre porte également un regard particulier sur la tradition celtique et la pensée druidique.
Car si la fable, dans sa forme littéraire classique, ne paraît pas immédiatement appartenir au monde celtique, elle demeure, à mon sens, profondément proche de l'esprit bardique, de cette poésie qui enseigne autant qu'elle émerveille, et de cette parole qui invite l'homme à réfléchir sur sa propre condition.
Les Celtes entretenaient avec le monde animal une relation symbolique, divine, spirituelle et mythologique d'une grande richesse. Le cerf, le sanglier, le corbeau, l'ours et tant d'autres créatures occupaient une place essentielle dans leur imaginaire, leurs récits et leur représentation du monde.
Les animaux n'étaient pas de simples figures de la nature : ils pouvaient devenir des messagers, incarner des divinités, symboliser la sagesse, le courage ou la transformation, ou encore révéler les faiblesses humaines.
À travers des récits accessibles, accompagnés d'illustrations, ce livre s'adresse aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Car les fables possèdent cette qualité merveilleuse de pouvoir être lues à différents âges, avec des regards toujours renouvelés. Là où l'enfant découvre une histoire et ses personnages, l'adulte peut entrevoir une réflexion plus profonde sur la société, la morale et la condition humaine.
Il me tenait également à cœur de rappeler que la transmission de la sagesse ne passe pas uniquement par de grands discours ou de savants enseignements. Elle peut aussi prendre la forme d'une histoire simple, d'un dialogue entre deux animaux ou de quelques vers capables de traverser les générations.
La littérature, comme le Druidisme, est aussi un art de la transmission.
Et peut-être est-ce là l'une des plus belles fonctions de la fable : permettre à la sagesse de voyager à travers les âges, sans jamais perdre cette simplicité qui la rend accessible à tous.
Enfin, je souhaite renouveler toute ma gratitude envers mes Sœurs et mes Frères pour leur bienveillance, leur patience, leur compréhension et cette fraternité qui, au-delà des assemblées, des cérémonies et des engagements, demeure à mes yeux l'une des plus belles expressions de notre tradition.
Je reste profondément attaché à notre héritage, à nos valeurs et aux liens qui nous unissent. Mais je souhaite aussi prendre le temps de vivre, d'écrire, de contempler et de retrouver cette tranquillité qui permet parfois de mieux entendre ce que le monde a encore à nous enseigner.
Car le Druidisme ne saurait se limiter aux fonctions que nous exerçons, aux titres que nous portons ou aux assemblées auxquelles nous appartenons. Il se vit aussi dans la simplicité du quotidien, dans le respect de la nature, dans la contemplation, dans l'étude et dans cette recherche perpétuelle d'équilibre entre l'homme et le monde qui l'entoure.
Après tout, celui qui cherche à écouter la nature et les Dieux doit aussi apprendre à écouter son propre silence.
Avec toute mon amitié et ma fraternité,
/I\
Gwengwarv (Uindocaruos)
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Care Sorelle, cari Fratelli, care Amiche, cari Amici,
A volte è necessario allontanarsi dal tumulto del mondo per ritrovare il silenzio, la serenità e quella pace interiore di cui ogni essere umano ha bisogno.
La vita di un Druido non può essere ridotta al solo sacerdozio, per quanto importante e profondamente radicato esso sia nella sua esistenza. Dietro il Druido vi è, prima di tutto, un uomo, con la propria vita personale, le proprie gioie, i propri dolori, le proprie responsabilità, le proprie prove e le proprie aspirazioni.
Dopo tre anni di una vita sociale particolarmente intensa, dedicati con convinzione, passione e talvolta con instancabile determinazione alla causa del Druidismo, alla sua diffusione, alla fratellanza tra le sue diverse tradizioni e alla difesa dei suoi valori, ho sentito il bisogno di ritrovare un po' di calma e di pace.
Non per disinteresse, e ancor meno per rinuncia, ma semplicemente perché l'impegno, per quanto sincero possa essere, non deve mai farci dimenticare la nostra stessa umanità.
Arriva un momento in cui l'uomo deve poter esistere al di là delle proprie funzioni, delle proprie responsabilità e dello sguardo degli altri. Il silenzio non è necessariamente un'assenza, e il ritiro non è un abbandono. Talvolta rappresenta semplicemente un altro modo di proseguire il proprio cammino, di ritrovare sé stessi e di dare un significato rinnovato ai propri impegni.
Desidero ringraziare con profonda sincerità tutte le persone che mi hanno inviato messaggi in questo ultimo periodo. Alcuni erano colmi di autentica benevolenza, altri esprimevano una sincera preoccupazione per il mio silenzio. Tutti mi hanno profondamente commosso.
Purtroppo non ho ancora trovato il tempo né la disponibilità d'animo per rispondere a ciascuno, ma cercherò di farlo nei prossimi giorni. Sappiate, tuttavia, che le vostre attenzioni non sono passate inosservate e che ve ne sono profondamente grato.
Da Esopo nell'Antichità a Fedro nel mondo romano, da Maria di Francia nel Medioevo a Jean de La Fontaine nel XVII secolo, senza dimenticare Jean-Pierre Claris de Florian nel XVIII secolo, la favola ha attraversato epoche, civiltà e sensibilità letterarie, senza mai perdere la propria vocazione originaria: istruire, invitare alla riflessione e trasmettere saggezza attraverso il linguaggio degli animali.
Appassionato da lungo tempo a quest'arte letteraria, al tempo stesso poetica, filosofica e profondamente umana, trovai quasi immediatamente l'ispirazione, accompagnata da un interrogativo che non smise di alimentare la mia riflessione: perché non avrebbero potuto esistere, a modo loro, delle favole celtiche?
Dopotutto, i popoli celtici possedevano una tradizione di straordinaria ricchezza, nella quale gli animali occupavano un posto essenziale, tanto nei racconti mitologici quanto nelle rappresentazioni simboliche e spirituali del mondo.
Se la favola, così come la conosciamo oggi, non sembra aver costituito un genere letterario esplicitamente identificato nelle antiche tradizioni celtiche, perché il suo spirito non avrebbe potuto esprimersi attraverso la parola dei bardi, i racconti popolari e gli insegnamenti trasmessi di generazione in generazione?
Ai miei occhi, la favola possiede qualcosa di profondamente bardico.
Essa dona una voce alla natura, fa degli animali gli specchi dell'umanità e trasforma una storia apparentemente semplice in una lezione di saggezza.
Nel solco dei grandi favolisti che hanno attraversato i secoli, quest'opera propone di riscoprire quell'arte singolare che consiste nel far parlare gli animali per interrogarsi meglio sui comportamenti, sulle contraddizioni, sulle virtù e sui difetti degli uomini.
Ma questo libro offre anche uno sguardo particolare sulla tradizione celtica e sul pensiero druidico.
Infatti, se la favola, nella sua forma letteraria classica, non sembra appartenere immediatamente al mondo celtico, essa rimane, a mio avviso, profondamente vicina allo spirito bardico, a quella poesia che insegna tanto quanto incanta e a quella parola che invita l'uomo a riflettere sulla propria condizione.
I Celti intrattenevano con il mondo animale un rapporto simbolico, divino, spirituale e mitologico di straordinaria ricchezza. Il cervo, il cinghiale, il corvo, l'orso e tante altre creature occupavano un posto essenziale nel loro immaginario, nei loro racconti e nella loro rappresentazione del mondo.
Gli animali non erano semplici figure della natura: potevano diventare messaggeri, incarnare divinità, simboleggiare la saggezza, il coraggio o la trasformazione, oppure rivelare le debolezze umane.
Attraverso racconti accessibili, accompagnati da illustrazioni, questo libro si rivolge tanto ai bambini quanto agli adulti. Le favole possiedono infatti quella meravigliosa qualità di poter essere lette a età diverse, con sguardi sempre nuovi. Là dove il bambino scopre una storia e i suoi personaggi, l'adulto può intravedere una riflessione più profonda sulla società, sulla morale e sulla condizione umana.
Mi stava particolarmente a cuore ricordare che la trasmissione della saggezza non avviene soltanto attraverso grandi discorsi o dotti insegnamenti. Essa può anche assumere la forma di una semplice storia, di un dialogo tra due animali o di pochi versi capaci di attraversare le generazioni.
La letteratura, come il Druidismo, è anch'essa un'arte della trasmissione.
E forse proprio questa è una delle funzioni più belle della favola: permettere alla saggezza di viaggiare attraverso i secoli, senza mai perdere quella semplicità che la rende accessibile a tutti.
Infine, desidero rinnovare tutta la mia gratitudine alle mie Sorelle e ai miei Fratelli per la loro benevolenza, la loro pazienza, la loro comprensione e quella fratellanza che, al di là delle assemblee, delle cerimonie e degli impegni, rimane ai miei occhi una delle più belle espressioni della nostra tradizione.
Rimango profondamente legato alla nostra eredità, ai nostri valori e ai legami che ci uniscono. Ma desidero anche prendermi il tempo di vivere, di scrivere, di contemplare e di ritrovare quella tranquillità che talvolta permette di ascoltare meglio ciò che il mondo ha ancora da insegnarci.
Perché il Druidismo non può essere limitato alle funzioni che esercitiamo, ai titoli che portiamo o alle assemblee alle quali apparteniamo. Esso si vive anche nella semplicità della quotidianità, nel rispetto della natura, nella contemplazione, nello studio e in quella perpetua ricerca di equilibrio tra l'uomo e il mondo che lo circonda.
Dopotutto, chi cerca di ascoltare la natura e gli Dèi deve anche imparare ad ascoltare il proprio silenzio.
Con tutta la mia amicizia e il mio spirito di fratellanza,
/I\
Gwengwarv (Uindocaruos)
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Dear Sisters, dear Brothers, dear Friends,
Sometimes, it is necessary to step away from the turmoil of the world in order to rediscover silence, serenity, and that inner peace which every human being needs.
The life of a Druid cannot be reduced solely to his priesthood, however important and deeply rooted it may be in his existence. Behind the Druid, there is, first and foremost, a man, with his own personal life, his joys, his sorrows, his responsibilities, his trials, and his aspirations.
After three years of a particularly intense social life, devoted with conviction, passion, and sometimes relentless determination to the cause of Druidism, to its recognition and flourishing, to the bonds of brotherhood and sisterhood between its various traditions, and to the defence of its values, I felt the need to rediscover a little calm and peace.
Not out of disinterest, and certainly not out of renunciation, but simply because commitment, however sincere it may be, must never cause us to forget our own humanity.
There comes a time when a person must be allowed to exist beyond their duties, responsibilities, and the expectations of others. Silence is not necessarily absence, and withdrawal is not abandonment. Sometimes, it is simply another way of continuing one's journey, rediscovering oneself, and giving renewed meaning to one's commitments.
I wish to express my most sincere gratitude to all those who have sent me messages in recent times. Some were filled with genuine kindness, while others expressed heartfelt concern about my silence. Every one of them has deeply touched me.
Unfortunately, I have not yet found the time or the emotional availability to reply to each of you, but I shall endeavour to do so in the coming days. Please know, however, that your kindness has not gone unnoticed, and that I am profoundly grateful.
From Aesop in Antiquity to Phaedrus in the Roman world, from Marie de France in the Middle Ages to Jean de La Fontaine in the seventeenth century, not forgetting Jean-Pierre Claris de Florian in the eighteenth century, the fable has travelled through ages, civilisations, and literary traditions without ever losing its original purpose: to teach, to inspire reflection, and to convey wisdom through the voices of animals.
Having long been passionate about this literary art, at once poetic, philosophical, and profoundly human, I found inspiration almost immediately, accompanied by a question that continued to nourish my reflections: why could there not have been, in their own way, Celtic fables?
After all, the Celtic peoples possessed traditions of extraordinary richness, in which animals held an essential place, both in mythological narratives and in the symbolic and spiritual understanding of the world.
If the fable, as we know it today, does not appear to have existed as a distinctly identified literary genre within the ancient Celtic traditions, why could its spirit not have found expression through the words of the bards, through folk tales, and through teachings passed down from generation to generation?
To my mind, there is something profoundly bardic about the fable.
It gives nature a voice, turns animals into mirrors of humanity, and transforms an apparently simple story into a lesson in wisdom.
Following in the footsteps of the great fabulists who have left their mark upon the centuries, this work seeks to revive that remarkable art of allowing animals to speak, so that we may better question human behaviour, contradictions, virtues, and shortcomings.
Yet this book also offers a particular perspective on Celtic tradition and Druidic thought.
For although the fable, in its classical literary form, may not immediately appear to belong to the Celtic world, it remains, in my view, profoundly close to the bardic spirit, to that poetry which teaches as much as it enchants, and to those words which invite humanity to reflect upon its own condition.
The Celts maintained a relationship with the animal world of extraordinary symbolic, divine, spiritual, and mythological richness. The stag, the wild boar, the raven, the bear, and countless other creatures held an essential place in their imagination, their stories, and their understanding of the world.
Animals were not merely figures of nature: they could become messengers, embody deities, symbolise wisdom, courage, or transformation, or reveal the weaknesses of humanity.
Through accessible stories accompanied by illustrations, this book is intended for both children and adults. For fables possess that wonderful quality of being read at different ages, each time through renewed eyes. Where a child discovers a story and its characters, an adult may perceive a deeper reflection upon society, morality, and the human condition.
It was also particularly important to me to recall that the transmission of wisdom does not take place solely through grand speeches or scholarly teachings. It may also take the form of a simple story, a dialogue between two animals, or a few verses capable of crossing generations.
Literature, like Druidism, is also an art of passing on knowledge and wisdom.
And perhaps therein lies one of the most beautiful purposes of the fable: to allow wisdom to journey through the ages without ever losing the simplicity that makes it accessible to all.
Finally, I wish to renew my deepest gratitude to my Sisters and Brothers for their kindness, their patience, their understanding, and that spirit of fraternity which, beyond assemblies, ceremonies, and commitments, remains, in my eyes, one of the finest expressions of our tradition.
I remain profoundly attached to our heritage, our values, and the bonds that unite us. Yet I also wish to take the time to live, to write, to contemplate, and to rediscover that tranquillity which sometimes allows us to hear more clearly what the world still has to teach us.
For Druidism cannot be confined to the duties we perform, the titles we bear, or the assemblies to which we belong. It is also lived through the simplicity of everyday life, through respect for nature, contemplation, study, and that perpetual search for harmony between humanity and the world around us.
After all, those who seek to listen to nature and the Gods must also learn to listen to their own silence.
With all my friendship and fraternal affection,
/I\
Gwengwarv (Uindocaruos)

