Quid de Keltia magazine ?

14/05/2026

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Chères Amies, Chers Amis, Chères Sœurs, Chers Frères,

[...] je m'interroge fortement concernant Keltia magazine. Cette revue se voulait jusqu'ici sérieuse, notamment à travers les colloques de Keltia et une ligne éditoriale tournée vers le celtisme avec la participation de chercheurs reconnus, comme mon ami Valéry Raydon ou encore Bernard Sergent.

Keltia conservait jusqu'alors une certaine distance critique vis-à-vis des querelles du milieu druidique.

C'est pourquoi il est particulièrement étonnant de voir aujourd'hui cette revue soutenir ou relayer un article rédigé par une personne collaborant bénévolement avec elle, mettant en avant ce qui ressemble davantage à un « bal des monstres » qu'à une réflexion sérieuse sur le druidisme contemporain.

Nous retrouvons ainsi :

- Ualcos, druide autoproclamé ; des références confuses autour de la Kredenn Geltiek Nevez, qui n'a aucune légitimité (nous ne connaissons historiquement que la Kredenn Geltiek et la Kredenn Geltiek Hollvedel) ;

- Bran Du présenté comme responsable de la Comardiia Druuidiacta Aremorica, alors qu'il ne l'a jamais été ; l'oubli volontaire de la transmission effectuée par notre Grande Druidesse Divona toujours vivante épouse de notre défunt frère Grand Druide Odaccos.

- celui qui se proclame « père du druidisme orthodoxe », pourtant exclu de la Kredenn Geltiek Hollvedel, remodelant le druidisme à sa convenance et allant jusqu'à cautionner des dérives grotesques (notamment le sacrifice de peluche, et le gaulois véritable de Monard, humour).

- un prétendu « Grand Druide » d'un collège druidique des Gaules, ayant multiplié les structures associatives afin de s'approprier titres et légitimités ;

- ou encore Mona, ancienne de la Gorsedd de Bretagne, qui semble désormais consacrer une grande partie de son énergie à nuire à ceux qui lui avaient pourtant accordé reconnaissance et visibilité.

Il ne manquerait plus que l'Ordre Druidique de Dahut pour compléter ce tableau caricatural.

Leur point commun ? Aucun de ces groupes ou individus n'est signataire de la Charte des Druides , et beaucoup considèrent qu'il est préférable qu'ils ne le deviennent jamais.

Il est vrai que la Charte des Druides a suscité un intérêt médiatique important, aussi bien régional que national. La jalousie ou l'amertume de certaines personnes peut sans doute expliquer certaines attitudes.

Au point même de remettre en avant la prétendue « Charte d'Aubazine », qui n'a jamais constitué une véritable charte éthique au sens strict. Parmi les groupes signataires — sans pour autant tous les englober indistinctement — se retrouvaient des mouvances très diverses et parfois profondément controversées : certains groupes étant des dérives sectaires, d'autres entretenant des ambiguïtés idéologiques inquiétantes, voire des rapprochements avec des imaginaires d'extrême droite illégales, ainsi que des structures mélangeant sans distinction chamanisme, néo-spiritualités et druidisme. Au final, cette charte rassemblait des visions tellement hétérogènes qu'elle donnait l'impression de vouloir représenter tout le monde… sans finalement représenter une ligne claire ni cohérente.

Mais la véritable question est désormais la suivante :

Quelle direction souhaite prendre Keltia Magazine ?

Une revue qui aspirait à la rigueur intellectuelle et culturelle souhaite-t-elle devenir une tribune de propagande pour des individus animés davantage par l'ego et les querelles personnelles que par l'avenir du celtisme ?

J'espère sincèrement que Keltia Magazine saura faire preuve de vigilance.

Car ceux qui jouent aujourd'hui à ce jeu ne pensent pas à l'avenir de cette revue pourtant brillante ; ils cherchent simplement un peu de lumière.

Mais il existe une différence entre une lumière qui élève et éclaire… et une lumière factice, qui finit toujours par aveugler.

/I\
Druide Gwengarv (Uindocaruos)

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