Regard sur la Charte des Druides 2011, eu égard à la Charte Éthique des Druides 2024

22/03/2026

Une Charte des Druides fut rédigée en 2011 (abrégée CD11 dans la suite) lors des rencontres d'Aubazine et signée par quelques groupes druidiques*, notamment lors de rencontres aux sources de la Seine en 2012. Elle n'a jamais eue de vocation d'éthique grand public comme la Charte Éthique des Druides 2024** (abrégée CED24 dans la suite***) et ne circula au mieux que dans les milieux druidiques contemporains.

Il faut saluer son effort, à n'en point douter, quand même une sensibilité littéraire la devine composite, inutilement redondante, tendancieuse voire erronée et contradictoire parfois. En toute probité, cette composition, à la limite, peut être vue comme la marque visible de sa pluralité. Quoi qu'il en soit, sans rentrer dans les détails, la CD11 n'a sûrement pas bénéficié du soin initial ni de la cohérence collective qu'elle aurait mérité. C'est aussi la raison de sa confidentialité.

On en a entendu parler avec forces convictions soudain, à l'occasion des tensions marginales mais bruyantes, issue de la rédaction de la CED24, sans parler des oppositions farouches par principe – des réactances. On cherche encore en quoi la déontologie serait « l'inquisition », d'autant plus de la part des signataires de la CD11, mais que voulez-vous ? Un monde meilleur.

En tout cas, un monde meilleur pour les druidisants, c'est la fonction d'éthique grand public de la CED24, au vu du charlatanisme, du mercantilisme et du sectarisme déployés par certains supposés druidismes dont quelques uns font la une des médias, et la plupart les poches des chalands, en dehors de toute déontologie.

C'est la raison d'être de la CED24, plurale dans sa rédaction*. Toutes les levées de bouclier du monde n'y peuvent rien : la CD11 n'a jamais eu – jusqu'à la CED24 – un tel rôle et pour l'heure, à notre connaissance, les druidismes qui s'affirment de la CD11 ne l'ont pas spécialement fait par vocation d'éthique grand public, mais pour serrer leurs rangs contre une menace imaginaire constituée... par leurs confrères de la CED24 (!)... à se découvrir une vocation d'éthique grand public...

Dès l'origine la CED24 – et depuis, son Rassemblement Celto-Druidique 2025 et la fondation de l'Assemblée des Druides des Gaules, qui en fait un critère – désirait fédérer. Elle fédère. S'attendait-elle à contre-rallier devers elle la composite pluralité de la CD11 ? Elle n'y a même jamais seulement pensé dans sa conception, puisqu'elle n'est pas intra-druidique comme la CD11 mais péri-druidique – c'est-à-dire en périphérie du Druidisme, autour du Druidisme, défendant par ricochet même l'honneur des druidismes de la CD11.

Car la CD11 n'est pas sans qualité****. La voici donc publiée sur notre site de Druidisme.eu, commentée à l'occasion. En dehors de ces commentaires sous forme de blocs de citations, qui ne la critiquent pas nécessairement mais la complètent, on peut dire que les signataires de la CED24 concordent avec la CD11 – et c'est tout ce que nous voudrions retenir à moyen-terme.


Charte des Druides 2011

Positionnement et origines de la CD11

Le Druidisme contemporain (souvent improprement appelé néo-druidisme) est aujourd'hui représenté en France par plus d'une centaine de groupes, collèges, clairières et bosquets, certains riches d'un grand nombre de membres, d'autres beaucoup plus restreints.

Commentaire :
Druidisme grand D ou néo-druidisme ? Question de définitions. La majuscule est évidemment une question de valorisation et de respect intra-druidique. Mais, puisqu'on parle de brahmanisme et de rabbinisme, pourquoi ne pas parler d'antique druidisme et de néo-druidisme ? Ceci appartient au monde académique, seul inventeur de telles notions en -isme. Enfin, même au sein du monde académique, d'aucuns parlent d'antique druidicat plutôt, et réservent la notion de druidisme à la modernité et ses mouvances, parlant alors de druidistes plutôt que de néo-druides.
Bien sûr, certains se font parfois un plaisir de dire néo-druides, néo-druidisme à charge de rupture. Il y a bien eu un renouveau tricentenaire, néanmoins. Ces trois cents ans, à l'inverse, peuvent être vus comme une durée suffisamment longue, pour se passer du préfixe néo- désormais, à préciser, comme ici, contemporain après Druidisme. Un pointillisme dont on n'est pas sortis.
Reste que nous réserverions volontiers les notions de néo-druides, néo-druidisme à ceux qui se proclament Druides aujourd'hui, sans ancrage celtique, purement primitivistes ou essentialistes, purement hermétistes, naturalistes ou universalistes, purement herboristes et/ou purement fantaisistes.

On peut donc estimer que cette Tradition est aujourd'hui suivie par plus d'un millier de membres, sympathisants ou pratiquants, sur le sol national. À l'exception de quelques branches autonomes souvent détentrices d'autres filiations, la plupart des Ordres druidiques actuels descendent directement de trois Lignées :

  • l'Ancient Druid Order plus connu sous le nom de Druid Order crée par John Toland en 1717 par le rassemblement de bosquets préexistants ;

  • – l'Ancient Order of Druids fondée par Henry Hurle en 1781 ;

  • – la première Gorsedd Beirdd Ynis Prydain (Collège des Bardes de l'Île de Bretagne) fondée par Iolo Morganwg en 1792 mais qu'il disait remonter par le biais du Bardisme Gallois au barde Trahearn Brydydd Mawr au XIIème siècle, voire à Geraint le barde bleu, au Xème siècle.

Commentaire :
Il y a ici une divergence fondamentale avec la CED24. En effet, sans précision, la CD11 parlent « d'autres filiations » de manière floue. Nul doute qu'à ce compte, elle contre-ralliera bien des opportunistes devant la CED24.
CED24 qui, au contraire, s'en tient strictement aux filiations connues, gages, comme dans toute tradition initiatique, de sérieux, par constitution socioculturelle spirituelle collective. Dit sans fard : la CD11 présente ici une faille non-négligeable.

Or même si ces trois fondateurs étaient inspirés par une vision plus ou moins romantique et fortement christianisée du Druidisme antique, les chercheurs des groupements actuels s'efforcent pour la plupart, par l'étude des vestiges archéologiques, des textes anciens, du corpus mythologique et des rémanences symboliques présentes dans les traditions populaires, de retrouver les racines païennes et de s'approcher au plus près des pratiques ancestrales et des cultes druidiques d'origine, tout en les faisant vivre dans la société humaine contemporaine.

Commentaire :
C'est aussi le cas des signataires de la CED24. La Gorsedd de Bretagne, la première, influencée par la Kredenn Geltiek, au temps de Gwenc'hlan Le Scouëzec dans les années 1980, alla dans ce sens.

Cette démarche est rendue d'autant plus difficile qu'il est de notoriété publique que le Druidisme antique était une tradition orale et que successivement les Romains et ensuite les chrétiens se sont efforcés de la faire disparaitre. Cela dit, difficile n'est pas impossible et l'évolution des rituels découlant des trois Lignées en témoigne.

Commentaire :
Dire des Romains et des chrétiens qu'ils « se sont efforcés de la faire disparaître » connote un acharnement anti-celtique. Cet acharnement spécial n'a jamais existé. La Pax Romana produisit un syncrétisme, certes anti-druidique mais pas anti-celtique, de ce que les Druides représentaient un pouvoir alternatif, nuisible aux yeux de l'Empire. Mais cela dépend moins d'une haine des Druides et encore moins des Celtes, que d'une pragmatique de l'instauration potentiaire.
Quant aux chrétiens, s'il est évident qu'ils remplacèrent et subvertirent ce qu'ils qualifièrent improprement d'idolâtrie, il n'en reste pas moins que la christianisation eut aussi lieu par conversions naturelles et progressives au sein de l'Empire romain, en évolution socioculturelle spirituelle.
La roue tournait, et ce n'est pas comme si ces mêmes chrétiens n'avaient pas rédigés le Cycle arthurien ni conservé les Mythes & Légendes irlandais et gallois à leur manière : autres temps, autres mœurs. On peut aussi les remercier, peut-être malgré eux, pour cela – sans parler de l'hagiographie. Les signataires de la CD11 vont bientôt en faire des sources documentaires, dans la suite, en plus.

Les sources documentaires

Dès que l'on aborde le domaine celtique, que ce soit au niveau de la civilisation, du Druidisme ou de la mythologie, on se trouve inévitablement confronté au problème des sources.

Commentaire :
La CD11 s'inscrit, tout comme la CED24, dans le celto-druidisme. Il s'agit d'hériter et de faire fructifier un patrimoine précis, pas de tolérer n'importe quel supposé druidisme déraciné. On l'entendait déjà, plus haut, d'une Tradition grand T.

Les Druides ont systématiquement privilégié une transmission orale de leur savoir, induisant la mémorisation de milliers de vers. On retrouve régulièrement l'argument selon lequel la parole écrite est une parole morte ; peut-être était-ce aussi un moyen d'éviter que leurs idées soient détournées. Notons que les Celtes n'ignoraient pas l'écriture puisque nous possédons des inscriptions utilisant l'alphabet étrusque, l'alphabet latin ou l'alphabet grec et qu'ils ont inventé des systèmes particuliers de notation, dont l'écriture oghamique. Cependant ce type d'écriture était réservé au domaine du sacré, et seules des inscriptions funéraires nous sont parvenues.

Commentaire :
Entendez : n'en voulez pas aux Druides contemporains, d'utiliser l'écriture. Comme quoi, Rome est bien passée par là, sans parler de la tradition exégitique monothéiste. Même la CD11, ne saurait s'en passer.

Parmi les sources documentaires ou autres qui nous sont malgré tout parvenues, nous pouvons citer :

  • les textes antiques, témoignages d'auteurs latins et grecs ;

  • Diodore de Sicile (Bibliothèque historique) ;

  • Strabon (Géographie) ;

  • Pomponius Mela (De Chorographia) ;

  • Lucain (La Pharsale) ;

  • Pline l'Ancien (Histoire naturelle) ;

  • César (Commentaires sur la Guerre des Gaules) ;

  • Posidonios d'Apamée.

  • les textes irlandais et gallois, écrits du VIIIe siècle au XVe siècle qui retranscrivent les mythes et épopées des peuples celtiques transmis oralement de génération en génération. Les collecteurs transcripteurs les ont affublés d'un vernis chrétien, sous lequel on peut découvrir l'origine païenne. De cette littérature, on peut citer entre autres :

  • – le Cath Maighe Tuireadh (Bataille de Mag Tured) ;

  • – le Tochmarc Etaine (Courtise d'Etain) ;

  • – le Táin Bó Cúailnge (Razzia des Vaches de Cooley) ;

  • – le Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes) ;

  • – les Mabinogion gallois.
    Dans le même ordre d'idée, on peut également citer des sources d'inspiration celtique telle que le Cycle arthurien, largement modifiées ultérieurement par des thèmes chrétiens, courtois et chevaleresques.
    L'ensemble de ces textes constituent le corpus des récits légendaires et mythologiques celtes insulaires, les sources continentales ayant malheureusement été assez polluées par l'interpretatio romana.

  • les écrits du druidisme contemporain dont :

  • les Iolo Manuscripts de Iolo Morganwg parus en 1848 ;

  • les Barddas de William Ab Ithel, parus en 1862 ;

  • le Barzaz Breizh de Théodore Hersart de La Villemarqué paru en 1839.

  • Les travaux nombreux légués en ce dernier siècle, pour accroître nos connaissances et réflexions.
    La théologie qui est développée dans ces ouvrages s'inspire de sources diverses : folkloriques, bouddhistes et chrétiennes et demandent un décodage assez strict.

  • des traces archéologiques, tombes supposées de Druides, mais aussi des documents nous éclairants sur la tradition et usages cultuels, on peut citer parmi beaucoup d'autres :

  • les tombes supposées druidiques de la nécropole de Pogny (51), de Pottenbrunn (Basse-Autriche), de Camulodunon (Grande-Bretagne) ;

  • des vestiges tels que le chaudron de Gundestrup, le menhir de Kernuz (Quimper)…

  • la statuaire ;

  • les restes calendaires comme ceux de Coligny.

  • les rémanences des coutumes païennes dans les traditions (bûche de Noël, l'arbre de mai, le feu de la Saint-Jean, Halloween… ) et légendes populaires (Mélusine, Gargantua…). Certains auteurs comme Henri Donteville les ont d'ailleurs largement décryptées.

  • les parallèles pouvant être établis avec les autres traditions religieuses, plus particulièrement les autres religions natives et les textes védiques. En effet, les deux traditions ont des racines communes, et des systèmes de croyances, des structures, et des panthéons très proches. Par ailleurs, la tradition hindouiste se révèle être une clé d'interprétation des plus importante pour la compréhension des phénomènes religieux gaulois.

Commentaire :
Tout ceci vaut pour la CED24, en aurait-elle oubliés. Mais affirmer l'hindouisme « une clé d'interprétation des plus importante (sic) pour la compréhension des phénomènes religieux gaulois », est abusif. Le comparatisme opère en divers points, c'est tout ce que l'on peut dire.
Les Gaulois, et plus largement les Celtes, n'étaient pas des Indiens. Alors, dire « très proches » leurs « panthéons » relève ni plus ni moins que d'une méthode excessive, d'une surinterprétation : Georges Dumézil le premier, expliquait qu'à motifs similaires, on avait des panthéons et des sociétés dissemblables. On ne s'agrippe à l'hindouisme que par peur d'une inconsistance, que les héritages européens permettent en fait d'éviter.

Philosophie et croyances

Même si, comme nous l'avons vu plus haut, la grande majorité des groupes druidiques actuels tirent leur filiation de l'un ou l'autre des « re-fondateurs » du Druidisme moderne c'est à dire, Iolo Morganwg, Henry Hurle et John Toland, le Druidisme reste une tradition spirituelle « première », une foi européenne « native » mais aussi une tradition qui honore l'inspiration, l'intuition et qui est connue pour avoir refusé de figer l'esprit dans la lettre. Il s'agit d'une tradition vivante, adaptée à notre environnement, à nos rythmes, à nos sensibilités.

Commentaire :
C'est ici que la CD11 commence à devenir redondante, par intermittence. Notons déjà, qu'elle ne s'oppose pas, en soi, à la CED24, mais bien que la CED24 précise la déontologie. C'était tout.

Le Druidisme contemporain situe son origine dans la tradition des Druides antiques de l'âge du fer qui étaient déjà les héritiers de ceux qui les avaient précédés, et dont nous nous considérons comme les héritiers à notre tour. Nous sommes les héritiers de nos Ancêtres, directement ou indirectement, nous allons sur les mêmes lieux, nous prions les mêmes Divinités, nous nous nourrissons des mêmes énergies et des mêmes symboles. Nous sommes comme eux attachés à la Terre, Mère qui nous nourrit, ainsi qu'au Ciel, le Druide faisant le lien entre les deux. Comme eux, notre « pays » n'est pas seulement de ce monde.

Commentaire :
D'aucuns entre les druidismes de la CD11, ont fait preuve du premier degré du racisme (le biologisme, la sélection pseudo-génétique à l'entrée) avant le suprémacisme et l'exterminationnisme. C'est d'autant plus déplorable, que rien dans la CD11, ne permet d'en déduire un biologisme : il n'y est et sera question, que de diffusionnisme socioculturel spirituel.
Et, s'il est naturel que cela passa par un bassin d'héritages géographiques, régionaux et familiaux, marqués d'une typicité génétique, il n'en reste pas moins qu'homogénéité n'est pas étanchéité.
Les « races pures », ça n'existe pas – pas même chez les Juifs. Bref, CD11 et CED24 concordent sur ce point.

Le Druidisme s'appuie sur le mythe celte qu'il explique et exprime à travers le rituel

Le Druidisme est une religion pour les uns, une pratique spirituelle pour d'autres. Il est d'essence païenne et met l'accent sur les liens qui unissent les Druides, la Terre et le Ciel, le « pays » (pagus, brogis). Pour nombre de Druides, ces liens ne sont pas simplement fortuits mais « sacrés ». Le Druide honore la Terre parce qu'elle porte à la fois la mémoire des ancêtres, les symboles du Monde des Divinités et les manifestations de la Vie.
Le pays (pagus, brogis) où vit le Druide est un lieu d'esprits, ceux de la Nature, ceux des anciennes mémoires, des ancêtres (ce et ceux qui nous constituent) et de leur héritage, ceux des Dieux et des Déesses.

Commentaire :
C'est de la sacralité territoriale, que se croient parfois autorisés les racistes premier degré. Pourtant, les Anciens Celtes se déplaçaient sans vergogne. En fin de compte, la sacralité territoriale ne s'entend que d'une image d'Epinal protohistorique, c'est-à-dire de ce qu'il est permis de dire, archéo-historio-logiquement d'un territoire, aujourd'hui.
Il s'agit évidemment d'une base reconstructionniste, pour renouer. Mais d'une fixation ? Les signataires de la CD11 ne sont pas tenus – par leur propre charte – à une telle fixation, et concordent avec la CED24.
Après, ce qui a pu titiller les racistes premier degré – et au-delà – dans la CED24... racistes pas nécessairement signataires de la CD11... c'est la lutte contre ce qu'il est tenu de nommer discriminations en politique et justice aujourd'hui. À s'en tenir à la définition du dictionnaire, même la CED24 – comme la CD11, – a pour vocation de discriminer entre les supposés druidismes contemporains, ceux qui sont ou ne sont pas d'héritage celtique, et d'autres éléments à venir. Alors quoi ?
La CED24 ne joue pas d'antirépublicanisme, étant donné que le républicanisme donne l'occasion aux druidismes d'exister. Bien sûr, la CD11 non plus, n'affirme aucun antirépublicanisme. Encore une fois, il y a concordance.

Le Druidisme est héritier de modèles, de mythes, de traditions anciennes dans lesquels il puise l'inspiration et la force. Mais il est aussi ouvert au Monde, à la « modernité » et aux grands mouvements de la Vie.
Le Druide trouve là de quoi nourrir sa créativité, les profondeurs de sa compréhension et la Sagesse qu'il met au service des Hommes, de la Vie et de l'Esprit.
Le Druidisme ne se situe pas hors du Monde, il ne considère pas le Monde comme un lieu de déchéance ou d'expiation mais au contraire comme le lieu où l'Homme peut accomplir son destin. Une tradition qui cherche à réconcilier l'Homme avec ses racines et ses lieux de Vie.
Le Druide s'attache à vivre en harmonie avec l'Univers, avec son environnement, avec la Nature considérés comme expression de l'Ordre sacré des choses.
De même il considérera la Vie, toutes vies, comme participant au souffle de la grande force de Vie universelle, qui est le Souffle Divin.
Ceux qui pratiquent le Druidisme se sentent très souvent liés à leurs racines, à leur héritage, à une Terre mais ont souvent aussi conscience des liens qui les unissent à toute forme de Vie, à l'esprit du temps et à la volonté des Dieux et des Déesses.

Commentaire :
Si les choses n'étaient pas claires tout à l'heure, voici que, sur le point des discriminations, elles sont clarifiées. CD11 et CED24 concordent. Mais il y a autre chose : si les deux chartes se posent en écologistes, la CD11 commence à mobiliser des éléments de théologie dont les formulations, éminemment discutables, sont avant tout maladroites.
En effet, par exemple : fut un temps où l'homosexualité était considérée « contre-nature ». À ce niveau, affirmer une Nature grand N, Ordre sacré des choses, peut – indirectement – conduire à l'ascientificité. Il faut entendre la CD11 d'une oreille bienveillante et, pourtant, les malveillants peuvent en faire mauvais usage.
De même, on pourrait ne pas prendre poétiquement la notion de Souffle Divin ; cette notion se retrouve dans la Bible originelle, en forme de Souffle Sacré de Dieu. Il est maladroit, de juxtaposer une telle expression à côté d'éléments implicitement anti-monothéistes, tels que la lutte contre « le Monde comme lieu de déchéance ou d'expiation » – alors même que les signataires de la CED24 peuvent souscrire à cette citation.
Disons dans l'ensemble, que cette ébauche théologique doit bel et bien être prise pour une ébauche, et qu'il est risqué de s'y adonner de manière trop brève dans une charte. Mais poursuivons dans la théologie.

Le Druidisme est adogmatique, il ne cherche pas à fixer l'esprit des Dieux dans une seule expression. Il admet volontiers la pluralité et la richesse des expériences spirituelles tout en reconnaissant ce qui fait de lui une voie unique et authentique, qui se suffit à elle-même.
Le Druide a pour principe premier que l'Ananmenon, « l'Innommé » ou l'Angegnon, « l'Incrée », est. Il n'est accessible à notre raison humaine que par ses hypostases multiples, dont les plus transcendantes sont les Dieux et les Déesses, et ainsi le Druidisme honore de multiples Divinités sous différents aspects qui se complètent mutuellement. Nos Dieux et Déesses s'expriment dans le Tonnerre, le Soleil, la Terre et dans toutes les forces de la Nature. Et ainsi, en contemplant la Nature, et ses Lois, nous pouvons approcher l'esprit des Déités.
Les Divinités résident dans les montages, les rivières, les arbres des forêts et tous les lieux que l'Homme considère comme sacrés. Pour les Druidisants, le lieu où ils prient n'est pas seulement lié à la « topographie », il a aussi un sens, une histoire, un « esprit ».
De plus les Dieux et les Déesses guident les Hommes et les Peuples, ils les inspirent et les aident lors des grands passages de leur vie.
Mais les Dieux et les Déesses sont bien plus que cela encore, ils sont force de Vie, expérience, conscience, existence absolues. Ils sont, selon ce dont nous avons hérité de nos ancêtres : Dagodeuos, Ogmios, Belenos, Lugos, Dana, Nodons, Sirona, Cernunnos, Brigantia… ces noms se déclinant de manière différente selon les régions.
Si la plupart des Druidisants sont polythéistes et se reconnaissent dans ces principes, quelques uns révèrent le Divin sous d'autres formes, déiste, théiste, panthéiste, hénothéiste, moniste, animiste. La seule constante reconnue est qu'il s'agit d'un culte païen. D'autres se sentent moins liés à l'esprit du lieu ou à celui des ancêtres. Ces différentes approches nous confortent dans l'idée que la Tradition Druidique permet la pluralité des approches qui loin de s'exclure, s'enrichissent et se combinent comme autant de reflets de la diversité de nos compréhensions.
Nos lieux de vie, notre époque, nos environnements sont une autre clef qui permet d'expliquer la diversité (relative) de nos pratiques et de nos approches. De la même façon que la Nature d'une Terre influe sur la nature de ce qui y croît, elle influe également sur nos façons de vivre la Tradition Druidique.

Commentaire :
C'est ici qu'aborder autant de questions de théologie est malheureux. Les signataires de la CED24, en soi, ne sont pas contre ce passage, mais il y a manifestement des dissonances. Alors qu'ils peuvent eux-mêmes disposer de diverses théologies, leur charte ne détaille pas cette foison.
Mais il y a pire : d'aucuns, signataires de la CD11, affirment un dogme dynamique, sans craindre la connotation monothéiste du terme, en revenant à l'étymologie hellénique d'élément de croyance. Pourquoi pas ? Mais les mêmes récusent le panthéisme de la Gorsedd de Bretagne, en se disant signataires de la CD11 qui admet le panthéisme.
Voilà pourquoi il ne valait mieux pas trop s'avancer dans la théologie, sachant que d'autres signataires CD11 détestent même le recours étymologique à la notion de dogme, serait-il sans dogmatisme. Dans l'ensemble, cela connote un manque de sérieux.

Une autre clef se trouve dans nos histoires personnelles ou collectives que le Druidisme reconnaît comme des éléments déterminants dans notre compréhension du Monde.
Il n'y a pas de Vérité Unique et Universelle mais de multiples façons de concevoir le Monde et d'honorer les Principes Divins. Ces diversités enrichissent nos parcours spirituels, nous incitent à la réflexion, à l'analyse, à la compréhension, et à la tolérance. Le Druidisme est en capacité d'exprimer toutes les nuances de conception du Divin. Qui sont autant de facettes d'une réalité inexprimable.
Le Druidisme offre une certaine lecture du monde, une sapience, une discipline de vie. Sans dogme il nous invite à la recherche, au travail, à l'ouverture et délivre peu de messages « moraux ». Il s'attachera plutôt à comprendre ce qu'est une relation juste et honorable de l'Homme avec toute chose. Pour le Druide, l'homme assume la pleine responsabilité des suites réelles de ses actes, indépendamment de l'esprit avec lequel ses actes ont été posés. Parmi les valeurs que respectent les Druides, la véracité, le courage, la responsabilité, le respect de la Vie et le « sacrifice » aux Dieux.
Pour les Druides, l'Homme tend à son propre accomplissement par la pratique des trois Devoirs primordiaux : honorer les Dieux, ne nuire à personne y compris à soi-même, et cultiver le courage et l'honneur.

Commentaire :
Le dernier précepte nous vient évidemment de Diogène Laërce, par bonheur. Mais il est étrange d'affirmer tous ces principes éthiques des Druides (éthique vient du grec pour mœurs, qui donnent morale, moralité c'est-à-dire préférences, choix éthiques collectifs) en niant leur caractère de « messages moraux » – surtout, de la part des druidismes qui n'ont pas peur d'employer la notion de dogmes.
En-deçà, était-ce, encore une fois, l'endroit de faire de la philosophie de la vérité ? Comme le commun des mortels, la CD11 se prend les pieds dans le tapis dedans, en affirmant telles vérités indubitables quant au Druidisme, tout en relativisant la vérité.
Nous ne résoudrons pas cette question en un seul commentaire, mais quid de la première triade, énonçant clairement « une Vérité » ? Cette contradiction n'est pas digne des Druides : on se voulait tolérant et conciliant avec les temps, on n'est que laxiste.
Pour le moins, il faut admettre que la relativité des perspectives n'ôte jamais rien à l'absoluité de chaque perspective, en tant que perspective : nierait-elle le vrai, qu'elle serait absolument vraie en sa négation, encore que sémantiquement fausse.
Il serait ensuite à distinguer le vrai du valide. Par exemple, on se salue diversement en disant Suauelos, Sunertos, Matos Dies, etc. : tous ces termes sont valides, dépendants d'une intention, mais ni vrai ni faux, dépendamment de cette même intention, selon. D'autant qu'on ne sait toujours pas comment les Celtes se saluaient.
Ceci étant dit, s'ils se saluaient, c'était sûrement au datif, comme dans les autres langues indo-européennes (datif : déclinaison de l'adresse) et non au nominatif (déclinaison de la nomination) : toutes lesdites expressions seraient donc grammaticalement fausses dans leur terminaison en -os.

Par ailleurs, le Druide ancien était fondamentalement un érudit, pratiquant le droit, la médecine, l'enseignement, la poésie, la divination…
Le Druide contemporain se doit donc d'être un étudiant permanent, et se doit de se pencher sur les arts et les sciences anciens et modernes, ainsi que sur la pratique de techniques souvent qualifiées aujourd'hui d'ésotériques. Le Druidisme a souvent été qualifié d'ailleurs de voie de la connaissance.

Commentaire :
On le voudrait, y compris à la CED24.

Les Divinités s'honorent par la prière, la méditation, le rite et le sacrifice

Le sacrifice est un acte universel par lequel l'homme s'approche des Principes Divins et leur rend hommage. Le Druidisme actuel a abandonné les usages antiques et en particulier le sacrifice animal.
Le sacrifice rituel (adberto) est constitué par une offrande symbolique. Cette offrande peut être brûlée dans le Feu sacré, déposée dans une fosse, dans la Terre, confiée à l'eau d'une rivière ou de la Mer, lancée ou élevée en l'air… L'offrande, c'est aussi l'attitude de tous les jours, notre comportement quotidien, nos engagements pris librement à titre personnel dans la société, dans nos familles. Le Druidisme ne se vit pas que dans le temps des cérémonies, il est une voie d'action, un état d'être au quotidien.

Commentaire :
Notons l'usage, comme tout à l'heure, de la langue proto-celtique plus ou moins restituée, et avec plus ou moins de valeur, des antiques écrits résiduels, notamment gaulois. Si seulement la restitution est fiable (J. Monard est largement dépassé par G. Poitrenaud, qui lui-même reste souvent spéculatif en ses scrupules) tous les groupes signataires de la CD11 ne manipulent pas le proto-celtique.
L'employer dans une charte a pourtant valeur contraignante pour ses signataires ; « inquisitoriales », diraient les plus farouches devant la CED24, en fait bien plus prudente sur tant de questionnements toujours ouverts – et pourtant reconnus ouverts par la CD11-même. Hélas, trop de maladresses ne tuent pas la maladresse.
Et, sur la question des sacrifices animaux, quid d'un éleveur qui, respectueux de l'animal, voudrait en abattre un à titre privatif, pour lui-même, de façon rituelle ? La CD11 l'interdit ; non la CED24.

Même si les grandes enceintes sacrées de l'antiquité ne nous sont plus accessibles, les Druides, Bardes, Vates ou autres Sacerdotes (selon leur spécialisation…) continuent à officier dans la nature, dans des lieux consacrés pour l'occasion mais aussi dans des espaces aménagés de façon permanente pour le rite. Les rituels druidiques sont gratuits et beaucoup sont libres et ouverts à toute personne qui se présente avec respect et cohérence.
Ils peuvent être de plusieurs natures, saisonniers qui émaillent la roue de l'année sacerdotale, mais aussi propitiatoires, d'harmonisation, de protection…

Commentaire :
L'usage de l'expression « roue de l'année », si elle reste poétique, s'en ressent douloureusement de son wiccanisme commun.

Les Druides sont aussi au service de tous lorsqu'il s'agit de célébrer les grands moments de la vie et en particulier de mettre en œuvre les rites de passage comme la célébration des naissances, la reconnaissance conjugale, l'assistance aux funérailles.
Mais le Druidisme à l'instar de nombreuses religions antiques est aussi une religion à « mystères » dont certains aspects ne se délivrent que par l'initiation, la progression et le travail individuel. Elle se double donc d'une vision plus « ésotérique » de l'Univers, considérant par exemple que le macrocosme et le microcosme sont faits à l'image l'un de l'autre, sur trois plans : corporel et matériel, spirituel ou informel, animique et subtil.
Dans cette vision, tout ce qui vit connaît la transmigration des âmes. Et avec toutes ces formes de vie, le Druide est en empathie.

Commentaire :
Ce dernier passage se ressent de son pythagorisme. Il est vrai que la comparaison fut faite, dès l'antiquité, par Strabon et Diodore de Sicile, et de manière implicite chez César, à Pythagore. Cela ne fait pas exactement des Druides des pythagoriciens, mais la CED24 souscrit à la démarche.
Par ailleurs, nous ne l'avions pas relevé auparavant, mais rien que la notion d'univers, présuppose un(e) seul(e) vers(ion) du monde, de type moniste. C'est très compliqué.
Puisqu'il est question de nature et de lois naturelles : comment spiritualise-t-on le calcul de la gravité de Newton ? Comment le concilie-t-on avec la théorie de la relativité d'Einstein ? Et avec la physique quantique de Bohr ? Les scientifiques académiques planchent toujours dessus. Et qu'on arrête de dire, comme c'est souvent le cas, que nous sommes faits d'atomes hérités du Big Bang. Non seulement c'est faux, mais en plus le Big Bang-même n'est pas une clef de voûte.
Comme dans tout le New Age, beaucoup de confusionnisme matério-spirituel existe. Nous ne disons pas que la CD11 est New Age, mais bien que nombre de druidismes peuvent y confiner.

Le Druidisme est donc une religion dont la nature et la portée s'enrichissent, s'éclairent au fur et mesure de notre progression. Progression qui ne s'opère pas par l'exclusion mais par l'assimilation.
Le Druidisme contemporain, tente à travers le mythe de transmettre les codes culturels, la vision philosophique et religieuse ainsi que tous les concepts liés à la culture celte dans son ensemble. Il se doit de répondre aux besoins multiples de l'Homme (dans toutes ses dimensions) par ses rites sociaux, ses rites de passage, ses rites saisonniers, sa magie, ses initiations, ses intuitions « métaphysiques ».

Commentaire :
Encore une fois, la CD11, comme la CED24, est culturellement diffusionniste. Il s'agit bien de receltiser quelque peu nos temps, au moins spirituellement. Ça entérine l'impossibilité d'un enracinement fermé, vus les porosités génétiques.

Ce que le Druidisme peut apporter au XXI° siècle

Le Druidisme, issu d'une religion native, est une Tradition dynamique qui s'inscrit dans l'ici et maintenant. Son message éminemment actuel (quant aux problèmes d'environnement entre autres) réactive le lien toujours présent entre l'humain et la Nature, et s'adresse donc à tous, quelles que soient leurs origines.

Commentaire :
Philosophiquement, l'expression « entre l'humain et la Nature » perpétue le vieux dualisme monothéiste, encore qu'elle chercha à humilier l'humain petit H devant la Nature grand N... en un réflexe somme toute monothéiste.

Sans dimension de pouvoir ni d'égo, ce que le Druidisme peut apporter au XXI° consiste en trois points :

Commentaire :
L'expression « sans dimension de pouvoir ni d'ego » se ressent des chamailleries sempiternelles, que cultivèrent pourtant les signataires de la CD11 devant la CED24.
  1. Favoriser la reprise de conscience de l'homme comme faisant parti du tout :
    - avec de l'empathie et l'amour de tout ce qui vit ;
    - avec la recherche de l'axe et l'harmonisation ;
    - dans une démarche philosophique, initiatique et spirituelle qui intègre les avancées de la science pour nous débarrasser de l'aliénation, du superstitieux et de la culpabilité.

  2. Réactiver la connexion avec les énergies telluriques et cosmiques, donc tous les aspects du Divin, pour retrouver l'équilibre et permettre à chacun de reprendre contact avec la Réalité.

  3. Inciter à la pratique des Arts traditionnels pour transcender les frontières du monde matériel. Construire soi-même sa propre démarche spirituelle, aller au bout des choses pour cheminer vraiment : s'engager.

Pour ce faire, entre autres, il importe déjà que nous nous affirmions comme Tradition actuelle, dynamique et ouverte ; tout en affirmant aussi notre attachement au respect dans toutes ses formes.
Il importe que chacun soit un exemple dans la société, dans ses actes, tous les jours, dans son entourage, proche au moins.

Commentaire :
Tout ce qui précède est redondant avec ce qui a déjà été dit, et se ressent d'une composition d'éléments cherchant à ménager la chèvre et le chou, depuis le début. Ceci étant crûment dit, il ne s'agit pas de dénigrer la bonne volonté du vrai noyau qui, au sein du collectif de la CD11, s'appliqua à en retirer quelque chose, au milieu des pas sérieux/tristes lurons/tyranniques.

Nous avons aussi à créer des ponts avec les autres religions de la Terre, pour œuvrer tous dans la même dynamique. Ceci va avec le fait que notre Tradition est une tradition de Connaissance, et cette Connaissance implique le respect.

Commentaire :
Commençons déjà de manière inter-druidique.

De nos jours et comme les Druides antiques, nous affirmons régulièrement ses principes en incitant chacun à œuvre pour le Vrai, le Beau et le Juste.

Commentaire :
Cette ultime phrase est platonicienne. On sait Platon héritier de Pythagore, tant mieux, mais on ne saurait dire dans quelle mesure. Au reste, la traduction par « Vrai, Beau et Juste » répète la formation issue du monothéisme.
Les mêmes termes grecs, se laissent aussi traduire par l'Essentiel, l'Exquis et l'Ethique – et rien ne dit, que tous les Druides furent pythagoriciens ni platoniciens, en tant que philosophes et théologiens au moins aussi divers que les philosophes grecs.

Fin de la Charte des Druides 2011


Voilà, c'est la fin de ces commentaires. On aurait peut-être pu en faire d'autres. On aurait peut-être pu se passer de certains. À sa manière, chacun craint que le ciel lui tombe sur la tête. Le projet initial, est avant tout de démontrer la concordance de la CD11 et de la CED24. CED24 qui évite bien des écueils de la CD11 en permettant – vu l'état actuel du Drudisme/des druidismes – de s'y inscrire sans contradiction ni place pour les dérives.

La CED24, répétons-le, ne cherchait que cela, et c'est bien la raison pour laquelle – lorsque les premières « Assises de la Druidité***** » initièrent une nouvelle charte, sous l'impulsion d'anciens membres peu sérieux/tristes lurons/tyranniques de la CD11 ! – ... et c'est bien la raison pour laquelle, disons-nous, le collectif de la rédaction de la CED24 chercha d'un commun accord à se départir des personnes, des phénomènes et des éléments pas sérieux/tristes lurons/tyranniques (leur comportement n'aurait-il été tel qu'au moment de la rédaction). 

Notre site Druidisme.eu assume d'ailleurs parfaitement cette origine ; tout comme le départage qui eut lieu lors de la rédaction de la CED24. Dommages, certes (1, 2).

Segodanios


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* Combien de groupes druidiques dans la CD11 ? À l'heure où nous écrivons ces lignes, sa page promotrice prétend « une vingtaine ». Néanmoins, publiée le 24 novembre 2024, son intention conflictuelle devant la CED24 laisse entendre qu'elle gonfle fictivement ses rangs.

** Aux taromanciens : faut-il entendre un « effet Arcane Sans Nom » dans ces 13 années d'écart ? En réalité alors, c'est un terrible mais excellent effet.

*** Remarquons que la somme théogonique de CD11 d'une part, et de CED24 d'autre part, donne à chaque fois 9 et 18, selon qu'on additionne les chiffres isolément ou comme nombre global. Les taro- et arith-manciens apprécieront la convergence des deux chartes, sachant que la somme théogonique de 18 revient à 9.
Là où les choses divergent, c'est à appliquer le même procédé aux séquences entières : Charte des Druides 2011 et Charte Éthique des Druides 2024. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la seconde effraiera les méconnaisseurs.
Du côté de la CD11, on obtient avec une régularité métronomique 9 et 9 qui, avec le 9 et le 18 précédents, ancrent un regard conservateur, flou mais pas dénué de créativité. Du côté de la CD24, on obtient de nouvelles valeurs : 6 et 15, 15 dont la somme théogonique revient à 6. Comment s'étonner des effrois anti-inquisitoriales alors ? Mais la vérité, c'est que 6 et 15 sourdent tous les deux d'angoisses et de puissances vitales, inévitables dans le cycle, dynamisant le conservatisme en son autorité (du latin auctor, auteur, faculté d'auteur) : c'est le Druidisme qui s'empouvoire.

**** En l'absence de document-source, on serait en droit de la craindre retouchée in extremis, pour rejoindre la qualité de la CED24, vue sa date de publication. Reste qu'un membre du vrai noyau de ses rédacteurs – partie-prenante de la CED24, son Rassemblement et l'Assemblée des Druides qui en découla – nous a parlé de ses conditions de rédaction sans se révolter contre cette dernière version : nous la tenons donc pour fidèle.

***** Moquées d'ailleurs par certains druidismes supposés reconstructionnistes, maintenant revendiquant la CD11 ! 

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