À propos d'un plausible sexisme d’État récent, à la tour Eiffel…

Eu égard aux lois de la République contre les discriminations – en l'occurrence antisexistes – on ne peut que se joindre aux grévistEzégrévistes de la tour Eiffel, à cause de l'interdiction faite même au personnel féminin, d'opérer un jour de rencontre au sommet avec la Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sansth (BAPS) c'est-à-dire à peu près « l'Organisation issue de la ville de Bochasan autour de monsieur Swaminarayam, Seigneur Suprême manifestant la Divinité absolue ». La BAPS est aujourd'hui répandu dans environ 130 pays au monde et, dans son genre hindou, elle fait penser – côté bouddhiste zen nippon – à la Soka Gakkai.
À leur propos, les sociologues parlent de NMR, Nouveaux Mouvements Religieux mais ils passent aisément pour des sectes, avec leur centration sur les charismes personnels de leurs fondateurs*.
Ne soyons pas dupes : cette rencontre au sommet put avoir lieu pour d'évidentes raisons diplomatiques, avec les aménagements de type immunité idoines ou assimilés. Un tel NMR que la BAPS – comme la Soka Gakkai, on en passe et des meilleures – charrient gavé d'argent (comme on dit dans le Sud-Ouest, gavé). La seule question qui compte alors, est de savoir quel avantage en tira vraiment la France, et le reste est blabla, chichi et gnangnan devant le Pouvoir. Néanmoins, en dehors du Pouvoir, une telle rencontre donne à penser tout un tas de questions qui, dès lors, ne sont pas aussi niaises qu'on pourrait le penser : ce sont ces questions, que nous nous proposons d'aborder dans la suite.
Quid de l'hindouisme de la BAPS ?
La BAPS est un surgeon de l'hindouisme qui – en tant que tel – interpelle le Druidisme, souvent comparé à la religion hindoue par comparatisme indo-européen**. De base, même s'il y a comparaisons possibles, répétons qu'il faut comprendre que ces comparaisons sont au mieux mythologiques ; jamais les Celtes n'eurent de société de castes comme l'Inde ; de même, jamais les Celtes ne furent sexistes comme la BAPS, ni même l'hindouisme en général ne fut aussi sexiste en dehors de ses franges conservatrices, encore que leur société fut un virilat certes plutôt libéral avec les femmes : bien que des femmes eussent du pouvoir et eussent pu combattre, la dangerosité du monde impliquait une étroite collaboration des sexes, au sein de laquelle la force décidait régulièrement. Mais on peut dire que « les Celtes étaient en avance sur leur temps » eu égard à nos critères.
Maintenant, les Français courants tendent à mettre toutes les religions dans le même panier. La présence « de sexistes hindous » – leur mouvement serait-il hypermoderne, au sens hypernarcissique de Gilles Lipovetsky – sert immédiatement divers propos. Athées (antireligieux), évidemment. Islamophiles, aussi, par relativisme : « regardez, il n'y a pas que les musulmans pour être sexistes ». Antipolythéistes, bien sûr : « regardez, les polythéistes aussi, nuisent aux femmes ». Antimonothéistes, auxquels nous nous joignons volontiers : « les monothéismes aussi, surévaluent le masculin ; à quand, le sacerdoce des femmes chez les catholiques ; Bible et Coran sont des ouvrages affreusement sexistes, voire antiféministes quant au Coran surtout, mais la Bible derrière aussi, juive ou chrétienne ; etc. ».
Faire loi
Toujours est-il qu'un Etat qui ne ferait pas appliquer sa loi sur son propre sol, est un non-Etat, sans état particulier, absolument fluide, libre à l'envie, anarcho-tyrannique – comme dirait l'autre – et on voit mal ce qu'il pourrait bien avoir de respectable, puisque la République y est bafouée : « À Rome, fait comme les Romains » dit le dicton, et il ne viendrait pas aux Français l'idée de faire autrement ailleurs que ce qui s'y fait. La réciproque devrait donc être attendue.
À ce stade, observons le paradoxe de la tolérance relevé par Karl Popper en son temps : la tolérance doit être intolérante avec l'intolérance. De nos jours, le philosophe Rainer Forst est le plus engagé sur la question, à assumer pleinement les limites morales et juridiques de la tolérance, dans la mesure où elle est à défendre. C'est une posture militante au fond courante. Auquel titre, Rainer Forst ne s'intéresse pas à la territorialisation : pour lui compte la citoyenneté dé- ou trans-territorialisée, de principe – c'est-à-dire territorialisée à l'ensemble de la Terre en non-dit. Pourtant, dans l'immédiat, seuls les Etats territoriaux peuvent mettre en œuvre une lutte territorialisée contre l'intolérance.
De sorte que les anti-intolérants se retrouvent à employer les mêmes armes que cette frange parmi ceux qu'ils estiment intolérants, à savoir : les souverainistes. Il faut de la souveraineté, pour souverainement légiférer et exercer contre l'intolérance. C'est juste que les tolérants militants détestent reconnaître cette réalité, au nom de leur expansionnisme pan-terrien, colonialisme idéologique d'une colonisation peut-être gentille, qu'elle n'en reste pas moins expansion coloniale à rendre souveraine, dans son ordre d'objectifs. C'est ainsi.
En attendant « la Paix & l'Amour Universels » donc (rêve monothéiste) nous pensons que l'application de la loi française sur le territoire français est minimale, et notre druidisme n'a pas signé la Charte éthique des Druides pour voir son cœur historique (la France, centre-européenne occidentale) renoncer au républicanisme à la moindre visite diplomatique. Bien qu'essentiellement polythéistes, nous n'avons pas de sympathie pour ces aspects de l'hindouisme***.
Segodanios
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* Dans le néodruidisme, nous avons les pseud-orthodoxes, tendanciellement, mais aussi Cilldara.
** C'est le cas, avant tout, desdits pseud-orthodoxes.
*** Comme d'autres, mentionnés dans ces notes de bas de page.

