Le Poher : Maël de Calan a aussi fâché les druides gaulois

07/04/2026

Le Poher parle de l'Assemblée des Druides des Gaules dans le contexte de cette actualité / voir aussi.

Mesdames, Messieurs,

Il semble nécessaire de rappeler certaines réalités, tant historiques que juridiques, face aux prises de position de ceux que nous considérons, au sein de nos structures, comme des individus exclus des assemblées officielles.

En France, il est fondamental de rappeler que l'État ne reconnaît officiellement aucune religion. Ce principe découle directement de la Loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, qui établit la neutralité de la République à l'égard des cultes.

Concrètement, cela signifie que l'État ne valide, ne légitime et ne hiérarchise aucune croyance. Il garantit uniquement la liberté de conscience et la liberté de culte, dans le respect de l'ordre public.

Dès lors, parler de "reconnaissance officielle" d'une religion en France est un contresens. Il n'existe pas d'agrément religieux délivré par l'État.

Ce qui existe, en revanche, c'est un cadre juridique :

Les groupes religieux peuvent s'organiser sous forme d'associations (notamment associations cultuelles), bénéficier de certains avantages fiscaux, et être encadrés par la loi.

Et surtout, il existe une réalité sociale :

La légitimité d'une tradition spirituelle repose avant tout sur son existence concrète, sa structuration, sa cohérence et la perception qu'en a l'opinion publique.

Autrement dit, en France, ce ne sont pas les institutions qui "reconnaissent" une religion, mais la société qui lui accorde — ou non — une place, à travers le regard porté sur ses pratiques, ses représentants et son sérieux.

La République ne reconnaît aucun culte,

mais elle protège leur libre expression.

Le reste relève de la crédibilité, du travail et du regard collectif.

Il est d'ailleurs particulièrement révélateur que certains citent l'Ordre des Bardes, Ovates et Druides, alors même que celui-ci ne revendique pas le druidisme comme religion au sens institutionnel. Cette contradiction illustre, à elle seule, la confusion entretenue.

Pour notre part, au sein de l'Assemblée des Druides des Gaules, nous assumons pleinement, sur la sphère médiatique comme dans nos engagements, l'existence d'une dimension religieuse dans certaines obédiences. Ce positionnement est clair, cohérent, et ancré dans une réalité vécue — et cela vaut toujours mieux que les discours flous ou opportunistes.

Nous affirmons également un principe fondamental :

Le druidisme n'est pas un métier.

Le sacerdoce ne saurait être une source de rémunération.

Nous préférons consacrer nos vies à exercer nos activités professionnelles tout en honorant notre engagement spirituel, plutôt que de voir certains tenter de monétiser ce qui relève du sacré.

Enfin, une mise au point historique s'impose :

Il serait temps de rappeler que cela fait à peine 121 ans que l'État français ne rémunère plus les ministres du culte, depuis la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905.

Seules l'Alsace et la Moselle conservent un régime dérogatoire, hérité de l'histoire, notamment des conséquences de la Première Guerre mondiale, afin que la République ne paraisse pas moins favorable que l'ancien Empire allemand.

Prétendre aujourd'hui réinventer ce cadre ou s'en affranchir par ignorance relève, au mieux, d'un manque de connaissance, au pire, d'une volonté de tromper.

Il est tout aussi aisé de mépriser plus d'un siècle de travail accompli par nos sœurs et frères bretons de la Gorsedd de Bretagne, lorsque, pour toute œuvre personnelle, il ne s'agit que de reprendre les travaux d'une assemblée dont on a été exclu, d'y ajouter quelques références aux Védas et de s'entourer d'un groupe acquis à sa propre admiration.

Mais servir le druidisme, tel qu'il est porté et défendu notamment par la Gorsedd de Bretagne et le Grand Druide de Bretagne Per Vari Kerloc'h, ne consiste pas à se mettre en scène. Cela requiert un engagement fondé sur la rigueur et l'humilité, au service de l'honneur d'une culture, d'une spiritualité, d'une région et de son histoire, dans le respect des liens fraternels qui les unissent à nos sœurs et frères corniques et gallois.

À défaut de s'inscrire dans cette exigence, il serait sans doute plus sage de se retirer. Cela ne pourrait qu'être bénéfique pour le druidisme.

Le Druidisme mérite mieux que des postures.

Il mérite rigueur, humilité et vérité.

/I\
Assemblée des Druides des Gaules

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