Un traitement du druidisme à charge, que nous dénonçons avec force

28/08/2026

Chères Sœurs, Chers Frères, Chères Amies, Chers Amis,

C'est avec colère, écœurement et un profond sentiment de dégoût que nous avons découvert l'article publié par le Figaro consacré au druidisme breton et titré : « Chez les druides de Bretagne, spiritualité, lutte identitaire et guéguerre de "clairières" ».

Nous dénonçons avec la plus grande fermeté un traitement que nous considérons comme profondément déséquilibré, orienté et indigne de la complexité du sujet abordé.

Le problème n'est pas que le Figaro évoque les conflits traversant le monde druidique. Ils existent, comme ils existent dans toutes les institutions humaines. Le problème réside dans la manière dont certains témoignages sont mis en avant et dans le contexte essentiel qui, selon nous, manque au lecteur.

Et notamment lorsqu'il est question de Mona Braz (1, 2).

Puisque le Figaro choisit de lui accorder une place importante pour évoquer notre frère le Grand Druide de Bretagne Per Vari Kerloc'h et la Gorsedd De Bretagne, alors le lecteur est en droit de connaître également l'histoire des rapports de Mona Braz avec cette institution.

Nous affirmons qu'elle s'est progressivement éloignée du druidisme de la Gorsedd au profit d'une démarche essentiellement politique.

Nous affirmons également que son départ ne peut être présenté sans rappeler les graves désaccords qui l'opposèrent à la Gorsedd et que son exclusion fut décidée collectivement par son conseil, composé aussi bien d'HOMMES que de FEMMES.

Cette précision est FONDAMENTALE.

Nous estimons également nécessaire de rappeler ce qui s'est produit lors des Assises de la Druidité, où nous considérons qu'une tribune consacrée au druidisme fut utilisée pour exposer publiquement des éléments privés concernant la vie intime de Per-Vari Kerloc'h et mener ce qui s'apparentait davantage, à nos yeux, à une campagne personnelle digne d'une élection électorale qu'à un débat serein sur l'avenir du druidisme.

Et pourtant, aujourd'hui, cette même parole est utilisée pour éclairer le grand public sur la Gorsedd et sur Per-Vari Kerloc'h.

Où est la mise en perspective ? Où est la contradiction ? Où est la distance journalistique ?

Nous contestons également profondément la représentation du druidisme donnée dans l'ouvrage publié par Mona Braz. Nous considérons ce livre comme chaotique et absolument non représentatif de l'enseignement transmis par la Gorsedd de Bretagne. Il constitue la vision de son auteure : certainement pas une référence permettant de définir à elle seule ce qu'est la tradition de la Gorsedd.

Plus grave encore, nous avons été témoins de ce que nous considérons comme une tentative d'appropriation de la Charte éthique des Druides, initiative qui n'appartient pas à Mona Braz ni à une quelconque personnalité prise individuellement.

La Charte appartient à ceux qui l'ont construite, signée et fait vivre collectivement. Personne ne peut s'en proclamer propriétaire.

Voilà précisément pourquoi le traitement du Figaro nous révolte.

Un journaliste peut critiquer Per-Vari Kerloc'h.
Un journaliste peut interroger la Gorsedd.
Un journaliste peut enquêter sur les conflits du Druidisme.

Mais lorsqu'on donne la parole à une personne ayant elle-même été directement partie-prenante de conflits profonds avec ceux qu'elle met aujourd'hui en cause, ce contexte doit être exposé avec une extrême clarté au lecteur.
À défaut, celui-ci ne dispose pas de tous les éléments nécessaires pour apprécier la portée des accusations et témoignages qui lui sont présentés.

Nous sommes également profondément choqués lorsque des éléments appartenant à la vie personnelle d'un homme ou à des échanges qui auraient dû demeurer confidentiels deviennent des armes dans des affrontements internes.

Il existe une frontière entre témoigner et régler des comptes.
Il existe également une frontière entre enquêter et construire un récit essentiellement autour des règlements de comptes des autres.

Nous estimons que le Figaro aurait dû exercer sur ces témoignages une vigilance et une contradiction bien supérieures.

Et nous le disons aujourd'hui publiquement : nous disposons encore d'éléments concernant cette histoire et les événements qui ont traversé le druidisme français que nous n'avons pas souhaité rendre publics jusqu'à présent.

Notre silence ne doit cependant pas être interprété comme une absence de réponse.
Nous avons jusqu'ici privilégié la dignité, la discrétion et le respect de ce qui appartient à la vie interne des institutions druidiques.

Si nous devions un jour rendre certains éléments publics, nous le ferions avec des faits, des documents, des dates et la possibilité pour chacun d'y répondre — pas par insinuations.

C'est précisément cette exigence que nous aurions aimé retrouver dans les colonnes d'un journal de l'importance du Figaro.
Mais personne ne devrait être condamné par une mise en scène journalistique où le contexte disparaît derrière la polémique.

Nous réaffirmons donc notre soutien sans ambiguïté à notre frère Per-Vari Kerloc'h, tout en demandant simplement ce qui aurait dû constituer la base même de cet article :
de la rigueur, de la contradiction, du contexte et de l'impartialité.

Le druidisme mérite mieux qu'une « guéguerre de clairières ».
Et les lecteurs du Figaro méritaient, eux aussi, mieux que cela.
Et puis il y a une limite à l'indécence.

S'en prendre à Per Vari, alors même qu'il a été à l'initiative de ce travail de rassemblement et de construction, relève d'une indignité particulière.
On peut critiquer un homme. On peut discuter ses positions, son parcours, ses choix. C'est même sain.
Mais encore faut-il avoir l'honnêteté de regarder ce qu'il a réellement fait.

Quand certains préfèrent réduire une initiative collective à une attaque personnelle, quand ils choisissent de viser celui qui a contribué à ouvrir un espace de dialogue plutôt que d'examiner le travail accompli, alors ce n'est plus de l'analyse : c'est un appauvrissement du débat.

Où étaient-ils lorsque ce travail commençait ?
Où étaient-ils lorsqu'il fallait réunir, écouter, confronter, bâtir ?
Où étaient-ils lorsqu'il fallait prendre le risque du dialogue entre sensibilités différentes ?
Il est trop facile d'arriver après coup pour désigner un homme, fabriquer un symbole et concentrer sur lui toutes les critiques.

Quelle indignité de s'attaquer à celui qui a participé à rendre possible ce que l'on prétend aujourd'hui commenter sans même avoir pris la peine d'en comprendre la genèse.
Le journalisme digne de ce nom ne consiste pas à chercher un coupable commode.
Il consiste à chercher les faits.

Et quand on parle de la Charte éthique des Druides, les faits exigent de regarder le travail collectif, les rencontres, les débats, les désaccords, les signatures, les initiatives et toutes celles et ceux qui ont choisi de faire passer le dialogue avant les règlements de comptes.

Critiquer, oui.
Enquêter, absolument.
Mais salir un homme pour éviter de regarder honnêtement l'œuvre collective à laquelle il a contribué ?
Non. Cela ne grandit ni le débat, ni ceux qui s'y livrent.

/I\
Uindocaruos (Gwengarv)
A.Druuis de la Comardiia Druuidiacta Aremoric
a

LIRE AUSSI

Share