Article Boulevard Voltaire : [Satire à vue] Druides contre tatoués - rien ne va plus

Source : https://www.bvoltaire.fr/satire-a-vue-druides-contre-tatoues-rien-ne-va-plus/
Un précédent (où l'on suspecte un manque d'originalité chez Causeur, encore que BV ait moins de style)
Après la satire de Causeur, merci à la satire de Boulevard Voltaire que je découvre à l'instant. Cela dit, à distribuer les points, celle de Didier Desrimais de Causeur, présente des qualités stylistiques que Jany Leroy de BV peine à déployer, encore que premier (20 août) avant Desrimais (6 septembre).
Sortant les tatoués du camping des Flots bleus de son chapô de plumitif afin d'insoutenir la comparaison sous-jacente avec sa dérision des druides, on devine une surcharge cognitive - permettez-moi : une charge mentale - qui n'appartient qu'à lui, Jany Leroy de BV, le but ayant toujours-déjà été de les mettre sur le même plan. La cerise sur ce cerveau étant "l'ingérence russe", bien sûr, qui ne parle qu'entre-soi au prétexte du druidisme charteux, afin de se bien nouer les neurones subsistants quand on arraisonne le chaos management à cette sauce, ou tout simplement le chaosmos.
Je ne reviendrai pas sur ce qui fut déjà adressé à Causeur.fr et, à la limite, mon commentaire pourrait s'arrêter là ; s'il n'était instructif, d'observer ladite réaction du "Franchouille moyen". Une instruction, c'est-à-dire une structuration de soi, en dedans, et non cette destruction sauvage qui étiquetterait la BV du crapaud pour "réac" sur un média "réac", à honnir par pure "colombité" (après tout, ne recherchons-nous pas le Monde Blanc ?). C'est-à-dire que je ne ferai pas l'erreur-retour de Causeur, qui condamnait pour "druides, mais progressistes..." en disant "réac".
Par saint Comte ! (où l'on découvre un manque de recherches)
Alors quoi ?... Alors, il est temps de se pencher sur la météo. Le druide /|\ Artos qui déclare générer des éclaircies, c'est quelque chose pour quoi l'agencement des articles supposés plus factuels, invitait déjà à sourire (mordre à leur hameçon était-il brillant ?). Nous-mêmes, n'en avons-nous pas fait l'un de nos premiers articles ? Où le lecteur contemporain, par scientisme vulgaire, ne décrète que "paréidolie !" sans en maîtriser le terme ; mais il a de l'idée très-scientifique, bien sûr.
La vérité, c'est que les mythes irlandais disent les druides maîtres des éléments, mais le scientiste vulgaire traite les mythes comme le dernier dessin animé pour enfant venu sur une chaîne dédiée au formatage des esprits ; ce que les mythes ne sont pas. Car non seulement ils libèrent (c'est un prêtre catholique et grand philosopohe, Lucien Jerphagnon, qui le défendait, malgré ses préférences monothéiste, gréco-romaine et para-néodruidique) mais en plus ils parlent à tous les cœurs, "de 7 à 77 ans" (selon l'expression du chanteur préféré des adeptes de BV).
Ici, le scientisme vulgaire a hérité - toujours à son ignorance - de la théorie positiviste comtienne des trois stades du développement de l'humanité, allant du (poly)théologique au scientifique en passant par le métaphysique, afin de se vautrer dans une scientificité que l'anthropologie culturelle et historique a démantelé depuis déjà plus d'un siècle. Il y a ici un progressisme pour attardés dont Causeur ou BV ne se départissent pas, malgré leurs critiques du progressisme par ailleurs (le progressisme, "c'est comme les chasseurs" - etc.).
Par Taranis ! (où l'on entend que ça raisonne pourtant)
Alors, pour en revenir aux éclaircies, je témoignerai moi-même en avoir suscitées, ce qui est une bien maigre magie, que des signataires de la Charte éthique des Druides auraient peut-être voulu déployer cette Beltaine, alors que la pluie tomba drue à la Vicomté-sur-Rance. C'est pourtant au moment de l'invocation à Belenos, que le ciel s'est dégagé (véridique), avant de se recouvrir. Pas de chance ? Simple coïncidence ? Le scientisme répond "oh que oui !" et nous sommes bons pour l'asile.
Une autre aspection du fait, énonce qu'il faut bien un signe pour attester une théophanie, et que l'arrivée de la pluie au moment de l'invocation eût été de mauvais augure (sans contraste pluie-éclaircie au moment de l'invocation, point de signe) ; de plus, ce n'est pas comme si une partie des non-signataires, ne passait pas son temps à honnir la charte ; de sorte qu'il soit permis, au contraire, de discerner doublement leurs néfastes magies, doublées d'un excellent augure malgré tout, au cœur de leurs troubles.
Par malheur ! (où l'on se retrouve Gros Jean comme devant)
Ce que les mythes annoncent pour druiderie, art druidique n'est certes pas... une science exacte... encore que, sur le principe, rien n'empêcherait tous les druides de s'unir à invoquer la pluie, lors des canicule ; sinon qu'ils ne seraient pas la seule influence à telle échelle, que d'autres piétés comme non-piétés (au hasard, des amateurs de BV) trouvent leur intérêt à ce qu'échouent les druides (leurs druidismes en particulier et le Druidisme en général) ; or, il y a en sus des luttes d'influence inter-druidiques, qui font bien leur pain - luttes inhérentes à tout champ social, où le Druidisme n'est qu'un petit monde parmi tant d'autres au Monde.
"La belle affaire que voilà !" s'esclaffe le scientiste vulgaire, car tout lui donnera raison : "puisque la supposée magie n'est qu'affaire d'interprétations, ce n'est que mystification". Bien sûr, à ce stade, on tourne en rond. J'ajouterai même, contre moi-même, qu'ils sont nombreux à sombrer dans des apophénies en effet, furetant "des signes, des augures" à tire-larigot. Les synchronicités jungiennes ont trop bon dos. Le coaching pseudo-spirituel en fait son pain, jusqu'à des pouvoirs de l'intention, dont on ne se demande pas pourquoi les auteurs ont préféré révéler le secret - plutôt que "d'intentionner" directement leurs sources de revenu... Ceux-là sont au Druidisme, ce que ceux-ci sont aux sciences - et, comme disait l'autre, alors s'il vous plaît, je vous en prie.
Une religiosité (où l'on s'instruit sur ce qui compte vraiment)
Pas plus que dans le monothéisme, les religions polythéistes ne font de ces "petits miracles" - on préférera dire "prodiges", quant à eux... Pas plus que dans le monothéismes, disions-nous, les religions polythéistes ne font de ces "petits prodiges" le cœur de leur spiritualité.
Le cœur des spiritualités polythéistes est même beaucoup plus intéressant que le simple salut. Mais ce n'est pas un concours de bites, chacun est libre de rechercher l'aboutissement qu'il souhaite, et je prêchais mon sanctuaire, en vous laissant votre chapelle et autres salles de prières - religieuses ou scientistes.
Segodanios (Mervis Nocteau)

