Contribution à la druidosophie autant qu'à la druidologie/aux druid studies

Druidosophie : on ne serait pas les premiers à employer ce terme pour sagesse des druides*, mais nous rappellerons aussitôt qu'il n'y a pas qu'une seule sagesse : les Anciens désignaient par elle les savoirs, savoir-faire, savoir-être et savoir-vivre divers, par lesquels une personne plus sage dans son genre que le commun des mortels parvient à se distinguer ; auquel titre, il est assez évident que les druides se doivent des sages, mais hors de propos qu'ils se disputent la même sagesse ou bien qu'ils contestent la philosophie ; la sagesse, et la philosophie qui consiste à la sécréter, d'ailleurs, n'est pas un métier bien que les métiers en font partie : les Anciens Druides ressortaient de l'aristocratie, avant tout.
Druidologie/druid studies : c'est l'étude des druides en particulier ; mais comme la druidologie/des druid studies ancienne se confond logiquement avec la celtologie, l'objet de la druidologie/des druid studies est le Druidisme, moderne et contemporain, parti(e) du celtisme antiquaire et celtomane, avec ses divers courants.
Ces notions étant posées (on pourrait encore évoquer, dans son domaine, la druidophobie... éprouvée par les druides eux-mêmes les uns envers les autres, surtout contre la Charte éthique, si nous ne l'avions pas déjà évoquée ici et là - lire surtout) ... ces notions étant posées, disions-nous, voici cette contribution à la druidosophie autant qu'à la druidologie/aux druid studies** :
Tout d'abord, les belles notions de géophilosophie*** et de géocritique.
- C'est-à-dire que, dans le domaine qui nous concerne au plan druidosophique (diverses sécrétions des sagesses) la géophilosophie s'intéresse aux manières dont sagement nous nous approprions une contrée, dans le celtisme et le Druidisme : Eriae, Britanniae, Galliae... anciennes, féodales, modernes et contemporaines... où la druidologie/les druid studies ont de quoi faire, tant dans le champ des implantations géographiques que des imaginaires.
- La géocritique aurait véritablement du pain sur la planche, avec toutes ces frontières fantômes, certes historiques, cultivées dans les régimes de discursivité druidosophique, sous son angle druidologique/ès druid studies.
- Née du mouvement situationniste sous la plume de Guy Debord, la psychogéographie - telle que la vend Wikipédia à cette heure - est avant tout une notion poétique, d'investissement des espaces urbains, mécanisés. Or, c'est toujours sur cette base-là, rendue académique, qu'une étude scientifique datée de 2016, a procédé. C'est-à-dire que de poétique, en effet, la psychogéographie est aux prémisses d'un développement académique/scientifique : la (mytho)poétique à la druidosophie, l'Histoire psychogéographique des représentations, des mentalités et des religions - à la druidologie/aux druid studies.
Mais observons aussitôt, qu'il est manifestement possible de quitter le seul espace urbain, pour l'ensemble des manières de territorialiser "la nature, la contrée" où nous retrouvons ces questions d'Eriae, Britanniae, Galliae, Iberiae anciennes, féodales, modernes et contemporaines.
Une première piste de recherche en druidologie/ès druid studies, consisterait tout précisément à rassembler l'ensemble des corpus académiques existants, dans le domaine de l'Histoire des contrées concernées, ès représentations et mentalités, tirées de la celtologie elle-même (cf. par exemples, les éléments idoines dans cet article, de Grégory Moigne et Joseph Rio).
- Enfin, une manière singulière d'envisager le Druidisme contemporain et sa druidosophie, sous l'angle druidologique/ès druid studies - qui lui-même, peut être réinvesti par la druidosophie, en tant qu'elle sécrète phiolosophiquement ses sagesses - consiste précisément à regarder les druidismes contemporains pour des mouvements situationnistes spécifiques.
- L'accusation de "jeux de rôle grandeur nature" (GN) revient régulièrement chez les observateurs lambda. Il est assez évident que les GN eux-mêmes, ressortent d'une forme de situationnisme, avec au cœur la notion de happening. Le happening, comme son nom l'indique, indique que quelque chose arrive. Littéralement, c'est une arrivance. Or, comme tout ce qui arrive, ça n'a pas forcément de public, ou alors il faut considérer que les personnes à qui cela arrive, et qui ne sont ni autrices ni actrices directes de l'arrivance, sont "du public".
- Cette notion d'art, introduite dans le Druidisme, n'est pas plus nouvelle que celle de druidosophie. Et c'est-à-dire que le Druidisme se situe au-delà de la reconstitution historique, dans le monde contemporain, quand même il partirait de la reconstitution historique et s'en inspire d'ailleurs toujours, depuis John Toland (sa "tricherie sacrée"). Les situationnistes étaient d'ailleurs l'aboutissement de l'estompement de la frontière entre l'art et la vie, dans une époque muséographique questionnée par le ministre qui en fut le promoteur-même (de la muséographie) : André Malraux - connu pour ses fameuses sentences, selon lesquelles le XXIe siècle serait religieux ou ne serait pas, sa tâche consistant à réintroduire les Dieux.
- Or les druides anciens et modernes, disposent d'une dimension (mytho)poétique néanmoins. Enfin c'est-à-dire qu'aucune société ne saurait se passer d'art. Ainsi du bardisme, mais on observe bien que - par exemple - "la nature" est une notion elle-même resémantisée poétiquement, en dehors du monothéisme - souvent par un dualisme nature-artifice qui répète les vieux réflexes monothéistes. Ceci est une remarque psychogéographique, géocritique et géophilosophique de nature druidosophique, pour la druidologie/les druid studies, et retour.
On voit mal comment un druide contemporain se passerait de toutes ces réflexions.
Segodanios (Mervis Nocteau)
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* A notre connaissance, elle a été évoquée par un Espagnol, d'abord adepte d'une "psycho-mystique jungo-druidique" : Iolair Faol, sous le groupe Druidosofia-Druidismo ; auquel nous ajouterons, dans le domaine francophone "psycho-mystique jungo-druidique" apparenté (bien qu'il n'emploie pas encore ? la notion de druidosophie) le druido-odiniste Eikthyrnir Odinson, qui nous taxa déliramment de druido-odiniste dans son genre - d'ailleurs.
** Néologismophobes, s'abstenir, comme on l'a compris dès le titre.
*** Gare aux récupérations New Age de la notion de géophilosophie, lui faisant quitter ses prémisses guattaro-deleuziennes au profit d'une vague et dangereuse "philosophie de Gaïa" (1, 2).

