Combien y a-t-il de filiations druidiques ? – L'évocation d'une « quatrième filiation druidique »

03/06/2026

« Lorsqu'ils s'éloignent de la vérité
Ils s'éloignent aussi [des Dieux]
Mais nous louons beaucoup ce qui nous en parait digne. »
– John Toland, Panthéisticon



Le 13 mai 2026, nous réagissions à un article ABP, en nous interrogeant sur le devenir de son auteur et du magazine qu'il représente, après l'avoir commenté (cf. Uindocaruos /|\, mais aussi Per Vari Kerloc'h-Morgan /|\). Nous avons annoncé étayer notre réaction, qui disait en substance que cette invention allait réussir. Voici pourquoi, parmi d'autres commentaires. Mais que l'on comprenne bien que la signature de Fabien Régnier a été usurpée, qui l'a faite retirer de l'article d'ailleurs : vous en apprendrez plus sur les véritables agents de cette tricherie dans la suite.


Source de l'image


L'illustration aurait mérité une photo de Carnac, ou de tant d'autres mégalithes bretons, plutôt que Stonehenge. En effet, Stonehenge concerne avant tout le druidisme brittophone, à commencer par les Gorseddau (Assemblées) nées en Pays de Galles, suivi par la Bretagne, et enfin les Cornouailles entre deux.

Mais c'est l'OBOD (fondé en 1964) qui domine la scène grande-bretonne – il fait payer ses initiations... – avec le British Druid Orders (fondé en 1979) et son Council fédératif (1989). Comme d'autres druidismes, ils se reconnaissent dans la veine du Druid Order de John Toland (1717) et des personnes peuvent se rencontrer entre groupes gallois, corniques et anglais – bien que Gallois et Corniques soient plus culturalistes, avec la Petite Bretagne, dans la veine d'Iolo Morganwg (1792).

Bref, ce que nous voulons dire, c'est que pour illustrer cette dernière Bretagne, donc, l'illustration est controuvée. Il s'agissait bien sûr d'attirer le chaland de façon mainstream, alors qu'un des intervenants récuse tout lien mégalithes/druides comme fallacieux (alors que... lire aussi, et aussi – sans tenir compte des sídhe, qui sont des tertres à couloirs mégalithiques, ni au-delà des Dieux bâtisseurs de ráthanna – forteresses irlandaises – mobilisant des rochers, ni des lanceurs de pierre)*.

Enfin tout cela se marie mal, quoi que ça se tresse bon gré mal gré. Commentons donc l'article ABP par le menu :

Le druidisme est revenu dans le débat public après des déclarations controversées du président du Conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, en avril dernier, puis un article publié par Libération le 12 mai 2026. ABP menait depuis plusieurs semaines une enquête sur cette spiritualité contemporaine encore mal connue.

Nous avons été amenés à en parler quelques fois (1, 2, 3, 4, 5).

Le druidisme, religion pour les uns, pratique spirituelle pour d'autres, ou encore hobby** pour certains, continue tantôt de fasciner, tantôt d'interroger.

Il est vrai que le débat philosophie/spiritualité/religion druidique est toujours vif, mais ce n'est pas propre aux druidismes. De manière générale, l'Occident « déreligieux » contemporain, associe le religieux aux monothéismes dogmatiques, prosélytiques et fanatiques. À partir de là, la religion n'a pas bonne presse, et l'on préfère parler de philosophie/spiritualité en général, bien que par définition une religion soit une méticulosité rituelle (Cicéron, religere) tendant à relier (Lactance, « le Cicéron chrétien », religare) les Dieux & les hommes (gaulois Deuogdonoion) et même les hommes religieux entre eux (officiants & adeptes).

Une religion a bien sûr une spiritualité : elle la met en forme rituelle. Une spiritualité ne devrait pas être qu'une vague tendance à la divagation, et devrait s'exprimer à travers des gestes rituels plus ou moins codifiés – même si nous savons que c'est loin d'être le cas de ceux qui s'en réclament. Religion et spiritualité impliquent une certaine philosophie de vie ; quelqu'un qui philosophe avec sérieux, rentre ensuite dans des raisonnements qui frustrent beaucoup les « nuageux » (plus ou moins new agers).

Tout religieux n'est pas grand philosophe, ni par conséquent tout spirituel a fortiori, mais les anciens druides savaient philosopher, au sens antique du terme (1, 2, 3). Mais quand aujourd'hui les druidisants (officiants & adeptes) ou autres celtisants, parlent de philosophie druidique, ils entendent souvent que « le druidisme est une philosophie » alors que les druides sont philosophes. Parler de philosophie druidique revient à parler de philosophie chrétienne, comme si une seule philosophie avait découlé des Evangiles – ce qui est bien sûr faux, puisqu'il existe des théologies (philosophies divines) de l'incarnation, de la passion ou de la résurrection qui ne sont pas tout à fait les mêmes, la première insistant sur l'exemple vivant, la seconde sur l'exemple souffrant et la troisième sur l'exemple transcendant. Alors je vous laisse imaginer les druidismes : entre archéologies, protohistoires, mythes, triades et « nuages » (new age) !

Plusieurs des membres de cette mouvance rappellent régulièrement qu'il s'agit d'une pratique « sans dogme », d'autres affirment que la raison de son existence est uniquement culturelle. Difficile pour le profane de s'y retrouver sans y perdre son latin ou devrait-on dire, son breton ou son gaulois !

Merci pour votre facilitation ! Vous voyez : elle fructifie, entre autres via cet article sur Druidisme.eu, bravo.

Hélas, pour commencer, on a du mal à comprendre ce qui opposerait l'adogmatisme (pratique sans dogme) et le culturalisme (existence culturelle).

Concernant la notion de « dogme », [lit-on plus bas] le druide Auetos précise que « le dogme druidique, contrairement à d'autres, est sujet à la critique et à la modification ; ses axiomes de départ pouvant être remis en cause permet [sic] donc de progresser vers une compréhension commune d'une foi multiple ».
Une conception bien différente de celles des religions Moyenne-Orientales, où ce qui est écrit devrait demeurer inchangé, quelle que soit l'évolution de la société.

De fait, la chrétienté est une culture dogmatique, et ses dogmes ont religieusement conditionné des cultures. Mais est-ce à dire que les philosophies/spiritualités/religions sont culturelles ? Bien entendu, dogmatiques ou non. Quant à savoir ce que signifie dogme... entre vérité absolue et contenu de croyance (éventuellement révisable) comme c'est le cas chez ledit intervenant**** !... il est certain que ce débat appartient à celui sur la philosophie/spiritualité/religion.

Face au foisonnement d'informations disparates, voire contradictoires, qui circulent sur le net, dans la presse, la littérature et bien entendu sur les réseaux sociaux, l'ABP a souhaité y voir plus clair en allant interroger quelques coordinateurs de groupes qui constituent [très partiellement] cet « écosystème druidique » contemporain.
Etat des lieux du druidisme aujourd'hui en Bretagne, en France, et ailleurs sur le continent Européen.

Bienvenue dans le concert des disparités circulant sur le net, dans la presse, la littérature et bien entendu sur les réseaux sociaux !

S'ensuit une carte supposée lister les clairières druidiques en 2026, ce qui reste à prouver en l'absence de légende, mais l'effort est à saluer :

Ceux-ci ont été recensés sur une carte réalisée par le druide Ualcos de la Kredenn Geltiek Nevez [lit-on plus bas] et présentée à l'occasion des assises de la Druidité de 2024 organisées par le Druide Bran Du (initié au Collège Druidique Des Gaules, puis [passé à la] CDA [où il créa la clairière Kan Ar Vuez, avant de la transmettre à Marc Durand/Belenogenos, qui la renomma Nemeton Nanto Belenos] et désormais officiant au sein du mouvement Kildara [Cilldara, merci, fondée par Deruos, où Bran Du réinventa Kan Ar Vuez, Cilldara qu'il a quittée en en restant proche]).

Comme ledit Ualcos s'appliqua à placer « tous droits réservés » sur sa carte, bien que nous redirigions vers un lien l'enregistrant de manière apparemment autorisée – et surtout qu'il le diffusa sur ABP, Agence Bretagne Presse censée distribuer l'info – nous ne susciterons pas une énième animosité sans objet en l'intégrant ici.

Toujours est-il que la Kredenn Geltiek Nevez était inconnue au bataillon des druidismes avant cet article, que son site a été créé en 2024 au moment de la rédaction de la Charte éthique des Druides et des oppositions sans objet qu'elle suscita, entre autres de la part de Deruos de Cilldara. C'est ainsi qu'appert déjà l'énième conflit interdruidique*****, de la part de gens concertés et parfaitement au fait du Devenir des druidismes contemporains.


On appelle "druidisme contemporain" le mouvement qui a pris racine au XVIIIe siècle en Grande- Bretagne (Angleterre et Pays de Galles), et qui s'est développé suivant trois courants appelés par la suite « les trois Filiations », desquelles se réclament, à des degrés divers, les actuels collèges druidiques.
Ces collèges ou clairières ont au minimum quelques caractéristiques communes :
• Ils sont dans leur majorité polythéistes
• Ils dispensent un enseignement à la fois oral et écrit
• Ils procèdent à des célébrations rituéliques à des périodes déterminées de l'année
• La langue utilisée lors de leurs célébrations est la plupart du temps l'idiome le plus répandu dans le pays où se trouve la clairière (anglais, français…), mais aussi en langue celtique (breton, gallois, cornique, gaélique…) voire en vieux celtique ou en gaulois.
La France dénombre actuellement plusieurs dizaines de ces collèges. [La première obédience est] la Gorsedd de Bretagne, fondée en 1899 par [Jean Le Fustec, dit Lemenik /|\].

C'est-à-dire que la première obédience est la Gorsedd de Bretagne, qui se revendique même de Théodore Hersart de La Villemarqué, ayant rencontré la Gorsedd de Galles un demi-siècle plus tôt. Disons que jusqu'ici tout allait bien. C'est au paragraphe suivant que les choses prennent une tournure inattendue, avec l'évocation d'une « quatrième filiation druidique » :

Il existe par ailleurs la tradition du druidisme des bosquets, originaire d'Irlande, pays n'ayant jamais été conquis par Rome et où la christianisation fut plus tardive et moins violente que sur le continent, permettant au druidisme de mieux se maintenir. Ce druidisme des bosquets, représenté par le Bosquet druidique de la forêt de Vilcena, a lancé les publications "Études druidiques" (qui en décrit les origines), "La Tribune Celtique", le magazine "Keltia" et les colloques scientifiques sur la religion celtique.

Vilcena est la racine antique du bois de Vincennes. On n'est donc pas surpris de voir apparaître des mentions de ce bois, sur ces captures d'écran réalisées le 21 mai 2026, 12 jours après la parution de cet inattendu article ABP :

Et nous sommes allé vérifier en version anglophone, l'Irlande étant largement anglophone, malgré sa minorité gaélique :

Au reste, Etudes druidiques et Tribune celtique sont des organes précédant le magazine Keltia, revue à laquelle participe ponctuellement la compositrice de l'article ABP, au départ signé Fabien Régnier – fondateur de Keltia – alors qu'il ne l'avait pas validé et n'en avait rédigé que ces quelques lignes.

C'est donc dire qu'on se trouve face à une clique bien audacieuse – celle des supposés druides mentionnés tout du long, dont Ualcos (ô, hasard !) est compagnon de ladite compositrice. Entre les publications Keltia, et maintenant l'évocation d'une « quatrième filiation » – sachant que l'article ne donne la parole qu'à une clique à la marge des trois premières filiations – l'oracle quant à leur réussite était facile : le succès de Keltia, certes usurpé par cette clique, est déjà au rendez-vous – quoi que rien ne soit jamais garanti à long terme, pour personne. Tout ce qu'on peut craindre, c'est que la clique en question ambitionne de phagocyter Keltia.

Enfin il y a même mieux, rapport à l'évocation d'une « quatrième filiation » : les filid irlandais, lointains héritiers des vates et des druides, ont vu leurs écoles maintenues jusqu'au XIVe siècle, et ont dû tenter de poursuivre leurs activités en prenant le maquis. 

Là où l'on peut un peu plus s'étonner, c'est sur la relation entre l'Irlande et ce fameux « bosquet Vilcena » de Vincennes/France : la notion de bosquet n'est en fait pas exclusive à l'Irlande, car John Toland – déjà en 1717 – se revendiquait d'un bosquet britannique, d'Oxford précisément, bien connu sous le nom de « bosquet Mount Haemus », animé par un autre John, Aubrey celui-là. Mieux encore : John Toland est originaire d'Irlande, formé en Écosse – selon des habitudes encore d'époque et remontant aux Celtes de se former au Nord, sachant que l'Ecosse est scote/gaélique comme l'Irlande. Quand Toland fonde le Druid Order à Londres, donc, l'Irlande est déjà à l'honneur à la source-même des (néo)druidismes, inspirant ensuite la deuxième lignée anglaise d'Henry Hurle. Vient enfin la troisième lignée galloise d'Iolo Morganwg, développant la notion de gorsedd (assemblée). Cette évocation d'une « quatrième filiation druidique » n'est donc plus tellement inattendue...

Enfin, il est de notoriété jungienne, que l'archétype de la quaternité est puissant dans l'imaginaire collectif, encore qu'il émane de la triplicité, mais c'était sans compter symboliquement sur les quatre (4) Îles du Nord du Monde, dans les mythes irlandais. L'évolution des mouvements druidiques modernes, pourrait-elle être conçue comme un avatar de l'origine de la connaissance divine ? Cette hypothèse, pour hardie qu'elle soit, pourrait motiver un optimisme pour l'avenir....

La place des druides dans la société contemporaine :
Officiellement disparus depuis presque 2000 ans, éradiqués par les Romains puis achevés par le christianisme, comment peut-on encore se revendiquer druide aujourd'hui, et quel doit être son rôle dans notre société ?
« Archéologues, chercheurs, universitaires nous partagent les fruits savoureux de leurs découvertes et analyses autour des mondes indo-européens, celtes et druidiques », affirme Mona Braz.
Ainsi, alors qu'on pensait que tout était perdu, que rien n'avait été écrit, les découvertes et traductions de plus en plus de textes écrits par des moines copistes irlandais à la fin du Haut Moyen-âge donnent de précieuses informations et participent à nous relier à nos ancêtres.
Des morceaux d'un puzzle géant qui sont donc en train de s'assembler pour donner une cohérence aux pratiques. Si le druide Auetos reconnaît que « les rites liturgiques et saisonniers sont quelque peu différents d'un collège à l'autre dans le druidisme contemporain », il affirme que les pratiques sont « globalement homogènes concernant les rites de passage comme le baptême, le mariage, etc. ».

C'est globalement juste, où il est évident que les mythes irlandais sont mis au centre pour valoriser « la quatrième filiation » – on en parlait à la Goursez Vreizh (Gorsedd de Bretagne), à la Kredenn Geltiek Hollvedel, au Collège Druidique des Gaules, etc. depuis toujours, mais passons. Deux autres (néo)druides sont mentionnés, non-signataires de la Charte éthique des Druides 2024, qui préfèrent – comme Deruos de Cilldara en lien plus haut et déjà Mona Braz – se référer à la Charte des Druides 2011. Auetos est d'ailleurs « l'intervenant » en question au début de cet article.

Profondément lié au « pagus » (pays), on peut se demander si le druidisme ne constituerait donc pas, dans sa version contemporaine, une réponse cohérente et adaptée face à l'effondrement spirituel européen ? Alors que de plus en plus de personnes se tournent vers des pratiques telles que le chamanisme ou le bouddhisme, le druidisme peut en effet constituer une troisième voie, d'après Mona Braz :
« Dans un contexte d'effondrement du christianisme, les braises encore rouges du feu sacré des anciens druides, sont prêtes pour de nouveaux brasiers. Des personnes de plus en plus nombreuses viennent vers les druides pour trouver dans cette religion cosmique autochtone, des réponses que l'Eglise est incapable de leur apporter. Il ne s'agit pas d'un retour vers le passé, mais de la renaissance d'une tradition. »

Nous ne pouvons qu'être ici d'accord avec Mona Braz, peu importent nos différends. Mais la notion de pagus (plur. pagi) est romaine et ecclésiastique, donnant nos pays au sens de contrées, régions mais aussi notre paganisme, païens. C'est le christianisme, religion urbaine pour commencer, qui voit la ruralité d'un mauvais œil, à cause de ses pratiques toujours polythéistes après les cités gallo-romaines – et pas que gallo-romaines. Or, nous disposons de la notion gauloise de brogis (plur. brogeies) pour désigner de manière celtique, nos pays.

Le druidisme n'a pas vocation à rester cantonné uniquement à la dimension spirituelle. A l'instar des anciens druides, les nouveaux revendiquent également une nécessité de s'impliquer concrètement dans le quotidien de la cité. Un aspect cher à Mona Braz [au moins dans le discours, puisque tant qu'elle était] élue au Conseil régional de Bretagne [elle brilla par son absence dans les manifestations druidique, mais elle] insiste sur le rôle que doit tenir un druide dans la vie publique [« faîtes ce que je dis mais pas ce que je fais »] :
« D'une façon générale, le néo-druidisme aurait pu devenir un instrument de libération nationale pour les peuples brittoniques, explique-t-elle. Mais nous devons encore faire avec le poids de l'establishment protestant au Pays de Galles ou le centralisme français en Bretagne ! Et le fait qu'aujourd'hui les clairières druidiques sont envahies par des nouveaux profils : ceux-ci confondent druide et guérisseur, druidisme et chamanisme, courants New-âge ou autre développement personnel. Des personnes qui, du reste, n'ont jamais milité pour la Bretagne ou ne sont pas attachées aux racines celtiques en général, et sont aveugles devant la convergence des combats politiques, associatifs, culturels, linguistiques et druidiques... »

C'est ici que l'on sent tout l'écart, avec les druidisants opposés à la Charte éthique 2024 – mais un écart cultivé par seule hostilité aux membres moteurs de cette Charte. En effet, la Charte éthique avait précisément pour vocation de dénoncer lesdits « nouveaux profils ». Quant à la volonté de Mona Braz de s'impliquer dans la cité, c'est justement ce que fit la Charte éthique 2024 ; de sorte que son passif d'élue n'est là que pour étayer une démarche qu'elle n'entreprit jamais jusqu'ici au nom du druidisme.


Signataires de la Charte éthique 2024
Signataires de la Charte éthique 2024
Pourtant, poursuit-elle, « il est essentiel pour un Druide de s'impliquer à tous les niveaux dans la société. Malheureusement, nous sommes aujourd'hui loin du sage dont l'un des rôles était, prenant de la hauteur, de conseiller le roi et de rendre la justice. »

À qui le dit-elle. Dans l'ensemble, malheureusement, son engeance ne peut que différer encore l'avènement de tels conseillers crédibles, dans le monde démocratique contemporain – sans rappeler d'autres esclandres qu'elle engendra. La Goursez Vreizh a depuis longtemps joué ce rôle de référence, de sagesse et de probité vis-à-vis du monde politique et économique, intervenant dans des domaines sociaux et écologiques. Mais l'autre ne s'arrête pas :

« La récente polémique faisant suite à l'exemple ironique employé par Maël de Calan (président du Conseil départemental du Finistère) du druide touchant le RSA en est une manifestation : plutôt que de débattre sur les raisons de l'existence du RSA (outil de régulation d'un système qui produit pauvreté, précarité et misère) et de son mode d'attribution, certains ont cru nécessaire d'alimenter la machine médiatique, reprochant à Maël de Calan de vouloir salir le druidisme. Ce faisant, ils lui rendaient service, détournant le débat et l'attention vers autre chose. »

Nous mentionnions pour commencer, notre implication dans l'affaire. Nous sommes donc clairement visés. Nous pouvons répondre à cette dame qu'elle remet un jeton dans la machine interdruidique – s'il en fallait un. Elle ne semble pas se rendre compte de sa propre contradiction, puisqu'elle ne peut à la fois souhaiter que les druides jouent un rôle social et critiquer les seuls à le faire – à savoir, la Goursez Vreizh, la Comardiia Druuidiacta Aremorica et l'Assemblée des Druides des Gaules signataire de la Charte éthique 2024 : pour une ex-élue, c'est ennuyeux.

Que cela ait donné ou non de la visibilité à quelqu'un, c'est quelque chose qu'elle entretient en même temps que l'article ABP pour commencer. Toujours est-il, précisément, que cela donna une visibilité inattendue au druidisme, aussi, sur laquelle elle n'hésite pas à rebondir – sans compter que la laïcité était aussi menacée. Bref : c'est une politicienne et, par Ogmios ! nous ne lui reprocherons pas de s'impliquer dans la sphère politique, mais de ne pas assumer ses propres contradictions.

Enfin, il va sans dire, mais mieux en le disant, que le monde contemporain foisonne de druides autoproclamés qui, n'étant rattachés à aucune filiation, aucune initiation, aucun groupe ou autre clairière ne bénéficient pas de reconnaissance par leurs pairs. Gare aux mauvaises rencontres, notamment sur les réseaux sociaux, qui pourraient vite déraper vers le charlatanisme ou la dérive sectaire. Les groupes les plus sérieux ne sont d'ailleurs pas toujours les plus visibles sur la toile.

Par Ogmios ! voilà qui recycle textuellement l'intention de la Charte éthique 2024, intention que seule cette Charte portait jusque là. Qui leur en voudrait ? sinon que son engeance tombe précisément sous le coup de sa propre défense, ce qui n'est pas piqué des hannetons – comme on dit dans le jargon. C'est que la plupart des supposés druides mentionnés dans l'article, a été exclue par leurs groupes d'origine et que l'autre part s'invente de la partie : il leur fallait une nouvelle solution de continuité, après s'être entendus comme il faut dans les fourrés de Vincennes. Son engeance semble chérir les hobbys sylvestres, par Dusios ! Voilà qui fait plaisir, mais pas forcément à la réputation des druidismes, encore qu'avec de telles conjouissances, notre oracle donne cette « filiation » pour une réussite et un succès futurs....

Comment, dans ce contexte, reconnaître les profils de confiance ?

Oui, comment ? (La vérité, la seule, est qu'il faut sociabiliser, et y goûter à chaque fois, comme on goûte au fruit défendu.)

Spiritualité, religion, tradition, occupation associative, hobby… Qu'est-ce que le druidisme ? [nous rassemblons les éléments à travers l'article]
D'après le druide Auetos de la Celtiacon Certocredaron Credima, branche orthodoxe du mouvement, « le Druidisme, que l'on nomme plus volontiers Senaca Aresta, « l'Ancienne Foi » [pure invention de l'auteur] était, est et sera toujours une religion, c'est-à-dire un système de croyances qui définit le rapport de l'Homme avec le sacré ; un ensemble de pratiques propres à sa dévotion ; et l'adhésion à certaines certitudes et convictions. En ce sens, la religion druidique est à la fois personnelle et communautaire, privée et publique. Elle se reconnaît dans la pratique d'un culte, d'un enseignement, d'exercices spirituels et de comportements en société. La religion druidique, ne cherche pas à fixer sa doctrine dans une seule expression. Elle admet volontiers la pluralité et la richesse des expériences spirituelles ».
En somme, un savant mélange entre spiritualité (démarche plus personnelle et pouvant différer d'un individu à l'autre) et religieuse (qui renvoie à des pratiques et des croyances spécifiques au sein d'une communauté). […]
Pour Mona Braz, auteure des Secrets [exposés & vendus] d'une druidesse [il doit bien lui en rester, quand même...] aux éditions Robert Laffont, « le druidisme est la religion cosmique des Celtes. C'est le postulat que je pose sur une géologie [une généalogie, non ?] religieuse vieille de 4000 ans.
Il est bon de le rappeler, car le mot religion a été confisqué par les seules religions du Livre (judaïsme, christianisme, islam), reléguant dans une volonté de déclassement, les religions autochtones dans la catégorie des croyances païennes.
Et pourtant, le phénomène anthropologique qu'est la religion concerne l'humanité des millénaires avant l'arrivée des trois religions aujourd'hui dominantes.
Dans mon livre Secrets [exposés & vendus] d'une druidesse, je précise que les deux origines du mot religion sont religare et religere : relire et relier [sic]. Les deux sont indissociables : relire sa présence au monde et se relire soi-même [sic], se retrouve dans la sentence "Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l'univers entier et les dieux" [au fronton de Delphes, merci] ; relier et être relié indique la connaissance de notre interdépendance biologique, psychique et spirituelle dans les mondes matériels, invisibles et divins. […]

Attendez : le débat philosophie/spiritualité/religion vient-il d'avoir lieu ?

À ce stade, une précision importante s'impose donc : dans le druidisme contemporain, tout comme, nous pouvons le supposer, dans le druidisme antique, il existe une distinction entre les croyants pratiquants et les druides dits « sacerdotaux ». Ces derniers sont censés posséder les qualités nécessaires, dont il sera question plus loin, pour organiser et animer une cérémonie par exemple, ou délivrer un enseignement.

Ah oui, manifestement, le non-débat philosophie/spiritualité/religion vient d'avoir lieu, grâce au subterfuge d'un énième sophisme dans le milieu. Doit-on le créditer de viser l'excellence des druidisants, eu égard aux autres celtisants ? Cette excellence, elle reste évidemment à viser. Mais ressort-elle bien de l'article ABP ?

Au fond, cette question, le tout-public ne se la posera pas : l'évocation d'une « quatrième filiation druidique » va fonctionner, parce que notre article lui fait aussi un peu de pub (pub ou contre-pub est toujours pub) parce qu'il ne touchera de loin pas tous ceux concernés et de manière momentanée, et que leur engeance a du pouvoir, avec la visibilité réseautique desdits druides... qui ne manqueront pas – à l'avenir – d'orchestrer leur réussite et leur succès, et la réussite et le succès de leurs partisans acritiques et/ou profiteurs entre les druidismes – c'est politique – en conspuant et volant leurs collègues qu'ils ont transformé en adversaires (ça a commencé dans Keltia, et ça continue dans le Monde).

Rejoindre un groupe druidique ne signifie donc pas automatiquement que l'on deviendra druide un jour… D'ailleurs, en langue anglaise, dire que l'on est druide équivaut à dire que, ailleurs on est chrétien, c'est-à-dire impliqué dans une démarche et pas dans un sacerdoce. Le rôle du druide sacerdotal (qui est initié, et qui tient un rôle particulier dans les cérémonies) doit se distinguer de celui des croyants. A noter que le Royaume-Uni a officiellement reconnu le druidisme contemporain comme religion en 2010. La commission chargée d'exprimer la requête à l'issue d'un processus de cinq ans a estimé qu' « il y a une foi suffisante dans un être ou une entité suprême pour constituer une religion ».

Pour être précis, la fameuse « reconnaissance du druidisme » britannique, ne vient pas d'une loi du parlement, mais d'une décision administrative de la Charity Comission for England and Wales, l'organisation qui régule les associations caritatives. Le Druid Network (2003) a demandé le statut d'organisation caritative, avec comme objet principal « the advancement of religion ».

C'est dans cette tonalité en effet, que chacun peut se dire « druide » sans être officiant, au même titre qu'en France on se dit « celtisant » au plan spirituel au moins. Au final, les druidisants britanniques profitent bien d'exonération fiscale sur les dons et certaines activités, tandis que le druidisme est mis sur un pied d'égalité avec d'autres religions. C'était la première fois, pour une spiritualité d'inspiration pré-chrétienne mais, singulièrement, ce n'est ni le cas en Écosse, ni en Ulster, qui disposent de systèmes distincts. Cela dit, le précédent reste retentissant – contrairement à d'autres précédents revendiqués...

Un peu de théologie, à présent !

Les pierres de fondation de cette religion sont :
Le Vrai, la Vérité et le Juste
La Recherche, le savoir et la Connaissance
La Compréhension, l'Amour et la Bonté.

On cherche encore la source de ces triades-là, qui néanmoins évoquent certaines plus anciennes : ces triades se retrouvent autant dans les mythes irlandais, que dans les triades bardiques d'Iolo Morganwg fondant le bardisme gallois.

C'est-à-dire que, si cette « quatrième filiation » doit avoir un nom, ce n'est certainement pas celui d'un druidisme plus authentique ou meilleur, mais tout simplement le nom de filisme, sur la base des filid (sing. fili) irlandais. À noter que les sources antiques nous parlent à égalité des druides, bardes et vates (celtique ancien évolué en filid, en gaélique).

En définitive, druidisme ancien, bardisme, filisme et druidisme moderne... c'est toujours évolution du druidisme. Dans la vie, rien n'est tout rose, ni tout noir : par Roudanos****** !

Quelles sont les croyances de cette « Ancienne Foi » ?
Tout d'abord on doit constater que les connaissances sur le druidisme antique restent fragmentaires. Le druidisme, ou devrait-on dire à ce stade « religion des Celtes » est d'essence polythéiste et met l'accent sur les liens qui unissent les druides, les croyants, la Terre et le Ciel, le « pays » (pagus, brogis). Pour nombre de Druides, ces liens ne sont pas simplement fortuits mais « sacrés ». Le druide honore la Terre parce qu'elle porte à la fois la mémoire des ancêtres, les symboles du Monde des Divinités et les manifestations de la Vie (Arzh Gadarn, Grand Druide du Collège Druidique des Gaules [perpétué, malgré l'abandon du navire par ses fidèles, à cause d'un certain Loskian, avant qu'Arzh Gadarn ne reprît la main en mentant sur son ancienneté dans ledit collège, et en ayant l'audace de se dire affilié au] Collège Bardique des Gaules de Philéas Lebesgue, reconnu [officiellement en 1932 par la Gorsedd de Bretagne, puis en] 1933 par la Gorsedd de Galles [et en créant des comptes à faire parler les morts sur son forum]).

Il ne manquait plus qu'Arzh Gadarn pour compléter le tableau des précédents druides mentionnés dans l'article ABP. Néanmoins, sur cette question d'être attaché à un brogis, une contrée, il faut nuancer : les Anciens Celtes se déplacèrent claniquement de nombreuses fois, soit par nécessité, soit par volonté – emblématiquement les Bretons en Armorique.

C'est donc dire que « la terre » est honorée sans être accaparée. Dans le mythe irlandais, la Déesse nourricière Tailtiu******* est même agente d'une déforestation, et l'archéobotanique observe que la France était probablement plus déboisée à l'époque gauloise qu'aujourd'hui. C'est-à-dire qu'il y a des sites naturels sacrés, potentiellement nommés nemoi, en plus des nemeta (sanctuaires, sing. nemeton) certes reconnus, mais pas nécessairement associés à une terre ancestrale comme c'est le cas chez les Américains natifs. Même les Romains, reconnaissaient ces loci. Les populations bougent, les lieux de culte restent néanmoins, même sous l'Empire.

Pour Mona Braz, « Le pivot des croyances est l'immortalité de l'âme à laquelle s'attachent la responsabilité, le courage et la diminution du mal [dans les triades, merci]. Cela se traduit par une discipline dans nos vies quotidiennes. Car, reliés au cosmos, nos pensées-paroles-actions résonnent jusqu'aux confins de l'univers qui nous en renvoient l'écho. Debout entre Terre et Ciel, en tant que prêtres, les druides sont des intermédiaires entre les mondes inférieurs, médians et supérieurs et leurs divinités ».

Bien que toute action ait des conséquences qui peuvent parfois mal tourner, nous ne sommes pas à « l'autre bout de l'univers » pour vérifier si nos actions ont un tel impact, et il est certainement « nuageux » (new ager) de le croire voire extraordinairement orgueilleux. D'autant plus que l'idée d'une résonance universelle peut aisément être manipulée par des charlatans, voire des sectaires : Druidisme.eu est là pour mettre en garde devant ça.

Des critères essentiels pour repérer un druide sérieux.
Pour le druide Auetos, « un druide est avant tout un théologien, un conseiller, un guide spirituel et temporel, mais aussi un sachant ayant bénéficié d'un enseignement, digne de ce nom, dans un collège druidique régulier, reconnu par ses paires [sic] ». En d'autres termes, les druides autoproclamés, non reconnus par d'autres, ne devraient pas employer ce qualificatif.

De la part d'un druide non-reconnu par une partie de ses pairs, avouons que c'est cocasse. Mais enfin, la Charte éthique 2024 dit la même chose, soyons honnêtes.

Mona Braz en appelle, quant à elle, à reprendre la prière dite « prière des druides », et reprise par la plupart des pratiquants, à savoir, dans sa version française :
« Donnez-nous ô Divinités votre Appui, et dans votre Appui, la Force ; et dans la Force, la Compréhension ; et dans la Compréhension, le Savoir ; et dans le Savoir, savoir ce qui est Juste ; et dans savoir ce qui est Juste, l'Amour ; et dans l'Amour, l'Amour de toute vie, l'Amour de vous ô Divinités, et l'Amour de toute Bonté. »
A partir des éléments de cette prière, il serait facile de discerner parmi les personnes qui se revendiquent « druides », lesquelles vivent réellement dans la Compréhension, dans le Savoir, dans le Juste, dans l'Amour et dans la Bonté.
La druidesse alerte sur le phénomène des réseaux sociaux, où les propos et comportements sont des révélateurs : « Au sens où ils révèlent les opposés des vertus druidiques, notamment : ignorance d'âme opposée à Compréhension et Savoir, égocentrisme et avidité opposés au Juste ; haine et exclusion opposés à Amour et Bonté... ».

La prière peut aider, à condition d'être bien inspirée... mais la vérité, c'est que tout dépend de l'ingéniosité et de la responsabilité des personnes qui cherchent un druide. Quant aux réseaux, eh bien, entre druides, « le premier qui accuse l'ego de l'autre a gagné », et il n'y en a pas un pour ne pas avoir déploré l'ego des autres. Et si l'ego n'était pas le seul facteur, et régulièrement une accusation « nuageuse » (new ager) ?

Une prière du druide, par ailleurs, rapportée par Iolo Morganwg, fondateur des Gorseddau, donc ressortissant des « trois premières » filiations druidiques, parfois taxé de faussaire et rejeté pour franc-maçon avec lesdites filiations, bien qu'il œuvra avant tout en folkloriste, héritier de la tradition spirituelle celtique – au point qu'on revienne sur l'accusation de faussaire, et qu'il ne fut pas franc-maçon. Le malheur de Morganwg ? Être apparu à l'aube de l'époque moderne, hypercritique, tenant absolument à le juger, selon un purisme introuvable dans toute l'Histoire humaine et même introuvable dans les sciences...

Enfin, d'après Arzh Gadarn, grand Druide du Collège Druidique des Gaules, un « bon druide » doit :
• Avoir de la rigueur

Sûrement. À condition de ne pas tourner, comme le lait, au rigorisme, d'une part. Ni, d'autre part, au pointillisme. Ce serait un comble, pour une tradition essentiellement orale, quand même l'appropriation du matériel ne saurait faire de virages à 90 degrés.

• S'obliger à la discrétion, ne pas afficher en permanence ses qualités

Encore faut-il déjà en avoir. C'est-à-dire les incarner, avant tout. Néanmoins, la discrétion n'a jamais été de mise, pour les personnes impliquées dans l'espace public, comme le rappelait tout à l'heure Mona. En fait, que ce soit Arzh ou elle, ce qu'ils font avant tout, c'est tenter de valoriser leurs profils.

• Être un guide, pédagogue, aider les membres de son Collège à trouver par eux-mêmes leurs solutions

Andragogue serait plus juste pour les adultes. Dans la démarche spirituelle, on peut même parler d'anagogue, et mystique, de mystagogue. Mais l'autonomisation est bonne, à condition de ne pas tourner, comme cela arrive toujours dans les projets éducatifs des loisirs pour enfants ou dans les projets managériaux des travaux pour adultes, à une pétition de principe. On peut même rendre dépendant en autonomisant à cause de notre proaction autonomisante. C'est fou ce que l'humain est compliqué.

• Savoir accompagner autant que diriger

Bon, ça semble dans la continuité.

• Être respectueux des autres, même s'ils ont une opinion lui paraissant "différente"

On lui dira.

• Savoir expliquer en termes simples la finalité du Druidisme autant les néophytes que ceux déjà sur le Chemin. En règle générale, s'appliquer le dicton : « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement » [Boileau, merci.]

Alors, là, bon, on a Diogène Laërce, qui nous dit textuellement que les Anciens Druides s'exprimaient de manière énigmatique. Cela nécessite plus de réflexion, et autonomise sans rendre dépendant.

• Être en capacité de répondre à toutes les questions qui lui seraient posées, donc améliorer sans cesse ses connaissances, et ne pas hésiter à les remettre en question s'il en est découvert d'erronées

C'est sûrement pour cela qu'il fait parler les morts par « spiritisme informatique » sur son forum...

• Avoir une attitude réellement fraternelle et confraternelle vis-à-vis des autres Collèges

Et ne jamais oublier l'autodérision et l'humour en général.

• S'obliger à une recherche sérieuse des textes anciens, la plupart du temps en irlandais (la liste figure dans la Charte du Comarlia [sic])

Il y a ceux qui « s'obligent », et il y a ceux qui sont passionnés par ce qu'ils le vivent.

• Et enfin : ne pas monnayer ses services.

Eh bien ! autant de choses globalement raccord avec la Charte éthique 2024, merci.

Afin de lutter contre les dérives au sein de ce mouvement, il est apparu nécessaire aux groupes existants de se fédérer autour de grands principes et de fondamentaux. En 2011 a été organisé dans la commune d'Aubazine (Corrèze) un grand rassemblement de tous les Collèges druidiques continentaux qui avaient bien voulu répondre à l'appel. L'objectif de ce rassemblement fut de recenser d'une manière formelle quels étaient tous les points qui pouvaient être communs à tous ces groupes, quelle que soit leur importance en nombre et en localisation géographique, et de tenter d'élaborer un document dans lequel tous pourraient se reconnaître et s'identifier mutuellement. La rédaction de ce document a requis la participation de tous les présents, hommes et femmes, quel que soit leur Collège et quel que soit leur mode de fonctionnement interne.
Les documents relatifs à ce rassemblement d'Aubazine, nommé Comarlia sont disponibles à l'adresse suivante.
Plus récemment, une dizaine de groupes a également signé une seconde charte éthique.

C'est toute leur engeance qui est contenue dans cette quasi-invisibilisation de la Charte éthique 2024, comme si son travail n'avait pas été mieux coordonné. La référence à la Charte d'Aubazine 2011 ne saurait dissimuler la grande importance de la Charte éthique 2024 – maintenant signée par une quinzaine de groupes – plus précise, mieux sourcée, et pouvant véritablement servir de référence et pour le public, et pour toute personne engagée dans le monde druidique.

des Druides contemporains… et des Druidesses ?
D'après le druide Auetos "Le druide doit effectuer des recherches dans le domaine druidique et de la culture celtique. Par son savoir qui va bien au-delà de la connaissance théologique, il est le gardien de la tradition. Sa fonction, en tant que prêtre, est d'officier à la place qui est la sienne, au milieu des siens, c'est-à-dire de la communauté des croyants qui le légitime."
La femme-druide, bien que prêtresse est essentiellement une prophétesse, une devineresse, une magicienne, une « sorcière », une guérisseuse, une soignante, une enseignante, une initiatrice mais aussi une poétesse et une satiriste. Grâce à ses fonctions, elle envisage sa tâche comme un tout complet, physique et symbolique.
La différence entre le druide et la femme-druide est symbolique. Elle est la nuit quand il est le jour ; elle est lunaire quand il est solaire ; elle est eau quand il est feu. Leurs activités, bien que différentes du point de vue de l'extérieur, sont avant tout complémentaires. Elles sont comme les deux moitiés d'un même cercle formant une structure homogène, harmonieuse et parfaite. Cette différence n'implique en aucun cas que les activités du druide surpassent ou prévalent sur celles de la femme-druide. Il n'y a là aucune discrimination ou ségrégation dûe à la nature de leur sexe."

On est toujours rendu méfiant, par le fait qu'il faille le préciser. Non seulement la Charte éthique 2024 se passe de toute discrimination sans en faire auparavant ni après, mais en plus les mythes irlandais avancent que les hommes-druides sont meilleurs satiristes. Vouloir que la femme satirise est comme un aveu de complexe d'infériorité devant les femmes, là.

Au-delà de ça, la mobilisation de toute cette symbolique de bazar « nuageux » (new ager) n'est pas du tout à la hauteur de la fonction qu'Auetos prétend incarner.

De son côté, Mona Braz interroge "l'effet Mathilda" dans le druidisme. Lors de son intervention aux 3è Assises de la Druidité, elle affirmait : " La femme celte constitue un cas unique dans l'histoire antique, même si nous disposons de peu d'éléments à part dans les sources irlandaises, parce qu'elles ont été tardivement transcrites, apportent des renseignements exploitables à son sujet, à travers les grands cycles légendaires. Mais ce peu nous suffit pour déduire, voire affirmer, l'existence d'une catégorie de femmes celtes combattantes, prêtresses, devineresses et en charge de l'initiation militaire et sexuelle, des jeunes hommes...
Je vous invite à consulter les pages 468 à 473 du Dictionnaire de mythologie et de religion celtique, un grand classique et incontournable de Philippe Jouët, réédité en 2025 : il y est question de l'éventail des définitions que peut recouvrir le mot « femme » pour les Celtes. Entre autres, vous y retrouverez femme accomplie, femme druide, femme de savoir, souveraine, reine, femme médecin, poétesse, maitresse d'art poétique, devineresse, prophétesse, satiriste, musicienne, messagère à cheval, de pouvoir, sorcière, femme du Sidh, femme de guerre, femme héroïque, femme hospitalière,... Autrement dit, tout ce qu'un homme peut faire, une femme le peut aussi. Les femmes occupent les mêmes fonctions que les hommes, sans en être toutefois le pendant féminin.
D'ailleurs, les femmes étaient encore présentes dans les sacerdoces chrétiens de Bretagne au Ve siècle : des prêtres bretons furent admonestés par des évêques francs au Ve siècle de notre ère pour avoir accepté des femmes auprès d'eux lors de cérémonies religieuses. Ceci est attesté par la fameuse lettre de Melaine de Rennes (un évêque collaborateur des Francs), envoyée à deux prêtres bretons (c'est–à-dire de Bretagne bretonnante), Lovocat et Cahitern qui se déplaçaient en terre celtique, accompagnés de deux femmes avec lesquelles ils co-célébraient les messes [les « conhospitae » : des femmes qui sont des aides mais n'accomplissent pas le rite en tant que tel, caractéristique du christianisme celtique ayant duré jusqu'aux invasions vikings]. Il faut rappeler que la présence d'éléments féminins lors de l'eucharistie ne fut proscrite en Gaule qu'au IVe siècle de notre ère, et qu'en dépit de cela les Bretons ont montré une réticence certaine à appliquer cet interdit de l'Eglise romaine.

Bref, Mona n'est pas raccord avec Auetos, mais ceci n'est souligné que pour l'exemple. Comme le répète souvent Belenogenos /|\ de la Comardiia Druudiacta Aremorica (signataire de la Charte éthique 2024)... dicton qu'il a hérité : « Deux druides, trois opinions ! » (depuis, il ajoute que « la Charte éthique est l'exemple du contraire »).

L'ABP remercie, pour leur contribution :
La Druidesse Mona Braz, auteure des Secrets [exposés & vendus] d'une druidesse aux éditions Robert Laffont

... et exclue par la Gorsedd de Bretagne, dont elle usurpe les usages et évidemment la réputation, après avoir attaqué son grand druide Per Vari Kerloc'h-Morgan /|\ pour sexiste dans les médias, alors que nombre de femmes votèrent son exclusion.

Le Druide Auetos de la Celtiacon Certocredaron Credima

... exclu par la Kredenn Geltiek Hollvedel dont il continue de se réclamer, de même que des Gorseddau, tout en s'en prenant régulièrement à leur culturalisme et leur préférence pour la notion de spiritualité sur celle de religion, côté Gorseddau, et ayant détorqué le reconstructionnisme de la KGH en plus de nombreux éléments traditionnels (au hasard).

Le Druide Arzh Gadarn, Grand Druide du Collège Druidique des Gaules

... déjà remarqué pour s'être accaparé le Collège Druidique des Gaules, qu'on lui a transmis néanmoins, mais dans lequel il s'assure la dominance à travers le mic-mac de trois associations, dont un autoproclamé collège « Bardique des Gaules » (véritable CBG en fait mis en sommeil en 1939) pour lequel il n'a aucune légitimité.

Le Druide Ualcos de la Kredenn Geltiek Nevez

... l'inventeur déjà remarqué pour commencer, d'une prétendue « Kredenn Geltiek » « Nevez », après la Kredenn Geltiek historique – scindée en Kredenn Geltiek Hollvedel (1994) signataire de la Charte éthique, et en une autre que nous qualifierons par commodité de Kredenn Geltiek Goursez Tud Donn (2004).

Liste de remerciements ABP, à laquelle nous ajouterons naturellement Deruos de Cilldara, mentionné par ses pairs dans l'article : un homme à succès, depuis qu'il a sabordé l'Assemblée du Chêne et du Sanglier du druide Eber /|\.

La belle brochette que voilà !

Belenogenos & Segodanios



* On t'a peut-être mentionné autant de fois que tu nous as mentionnés : cesse donc de te plaindre, ou bien, au contraire, fais comme tu veux, car nous sommes tous de franches eccéités par la non-loi.

** On vous a vus les loustics, à dire hobby, comme si c'était ce qu'avait validé Per Vari Kerloc'h-Morgan /|\ lors de son entretien sur Novo19, par lequel il vous défendit en réalité tous à sa manière, en parant au plus pressé, à concéder que son interlocuteur puisse juger le druidisme « un hobby » : au regard physile*** contemporain, toute philosophie/spiritualité/religion est bel et bien un hobby. C'est malheureux, mais c'est ainsi, et vous n'avez fait que fausser la donne pour vous la donner.

*** Physiles : ne se projetant que dans la physique, par principe physicaliste... Pourquoi s'ennuyer d'un néologisme ? Tout simplement parce que je trouve injuste, de les définir par la négative (irréligieux, incroyants, agnostiques, athées, etc.). Ils existent en tant que tels, sans privation (pour autant qu'ils ne doutent pas eux aussi !).

**** Ce que nous ne lui « contest|ôtons » pas, pas plus que nous ne « contest|ôtons » quoi que ce soit à personne, en usant de notre franche eccéité par la non-loi.

***** Comme disait le philosophe Georges Bataille – un patronyme qui ne s'invente pas, dans un livre – la Part maudite – au titre qui ne s'invente pas non plus : « La méconnaissance ne change rien à l'issue dernière. Nous pouvons l'ignorer, l'oublier : le sol où nous vivons n'est quoi qu'il en soit qu'un champ de destructions multipliées. »

****** Roudanos : reconstitution gauloise plausible du Dieu Ruadán, fils de Bres[os], l'éclatant, et de Brigantia/Brigid, l'éminente aurorale... Ruadán est, entre rose et noir, le vermillon matinal, à ce titre.

******* Tailtiu : Talantio, en restitution gauloise, encore que l'attestée Déesse Rosmerta – la pourvoyeuse – soit en bonne place pour la dénommer en Gaules.

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